En 2023, le ministre de l’Action et des Comptes publics Gabriel Attal avait fixé l’objectif de 1 500 postes supplémentaires au sein du contrôle fiscal d’ici à 2027. Mais la barre des 900 emplois seulement sera franchie cette année.
À la Direction générale des finances publiques (DGFiP), les années se suivent et se ressemblent au grand dam des agents. Le projet de loi de finances (PLF) – qui devrait être définitivement adopté en début de semaine prochaine à l’Assemblée nationale – prévoit de nouvelles suppressions d’emplois (- 550) dans cette administration en 2026. Un chiffre identique à celui de l’année dernière et qui s’inscrit dans un contexte de coupes massives dans les effectifs, depuis près de 20 ans, sur fond de restrictions budgétaires.
« Si l’on remonte à 2008, année de création de la DGFiP, ce sont plus de 30 000 emplois qui ont été supprimés en 16 ans, soit plus d’un quart des effectifs de la DGFiP », pointent la députée de La France insoumise (LFI) Mathilde Feld et son collègue de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) Nicolas Sansu dans leur rapport spécial sur la « lutte contre l’évasion fiscale » annexé au budget fin octobre.
Début 2025, la DGFiP comptait 91 313 agents répartis sur tout le territoire national, ils étaient encore 107 202 dix ans auparavant. « En proportion de ses effectifs, aucune autre administration de la fonction publique d’État n’a connu une telle diminution, alors même que cette dernière est pourtant au service de toutes les autres, en permettant de récupérer des recettes indispensables au financement des services publics », appuient les deux députés de gauche.
En parallèle de ce mouvement de diminution du nombre d’agents, le début du second quinquennat d’Emmanuel Macron a été marqué par une volonté affichée d’obtenir davantage de résultats en matière de contrôle fiscal. C’est ainsi qu’en mai 2023, le ministre de l’Action et des Comptes publics Gabriel Attal – il deviendra Premier ministre début janvier 2024 – a présenté une feuille de route gouvernementale de lutte contre toutes les fraudes aux finances publiques.
Du retard sur le plan initial
Parmi les mesures de ce plan d’action était prévue une hausse de 1 500 postes en équivalent temps plein (ETP) au sein des effectifs du contrôle fiscal d’ici à 2027. Où en sommes-nous aujourd’hui ? « À la fin de l’année 2025, plus de 50 % de l’objectif affiché pour 2027 en termes de renfort pour la lutte contre la fraude a été réalisé », indique le cabinet de la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, à La Tribune.
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