JD Vance veut ouvrir « une nouvelle page » avec l'Iran malgré de fortes tensions
latribune.fr
Le vice-président américain JD Vance participe en Suisse aux premières discussions directes avec la délégation iranienne pour tenter de transformer le protocole d'accord signé cette semaine en un accord de paix durable.
Les discussions entre les États-Unis et l'Iran ont débuté dimanche en Suisse. Le vice-président américain, JD Vance, s'est dit prêt à « transformer fondamentalement » les relations entre les deux pays, mais les divergences restent profondes sur le nucléaire, le Liban et le détroit d'Ormuz.
Les négociations sont désormais entrées dans le vif du sujet. Réunis depuis dimanche matin au Bürgenstock, en Suisse, les représentants des États-Unis et de l'Iran ont ouvert des discussions destinées à transformer le protocole d'accord signé quatre jours plus tôt en un accord de paix durable pour le Moyen-Orient.
À l'ouverture des pourparlers, le vice-président américain JD Vance a affiché sa volonté d'engager une nouvelle phase dans les relations entre Washington et Téhéran. « Nous espérons tourner une nouvelle page afin de transformer notre relation avec le peuple iranien », a-t-il déclaré, qualifiant ces discussions d'« historiques ».
Le sommet, organisé avec la médiation du Qatar et du Pakistan, doit permettre de finaliser, dans un délai de soixante jours renouvelables, un accord portant sur le programme nucléaire iranien et la stabilité régionale.
Le nucléaire reste le principal point de blocage
Malgré cette volonté affichée, les premiers échanges n'ont pas permis d'aborder la question nucléaire, selon la télévision d'État iranienne, qui affirme également que la délégation iranienne a refusé de poser pour une photographie commune avec les représentants américains.
JD Vance a néanmoins fixé les conditions d'un rapprochement durable. « Si les dirigeants iraniens sont prêts à renoncer à leur rôle de facteur d'instabilité régionale et à abandonner durablement toute ambition de se doter de l'arme nucléaire, alors les États-Unis sont prêts à transformer fondamentalement leur relation avec ce pays », a-t-il déclaré.
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Le président iranien Massoud Pezeshkian a, de son côté, réaffirmé que son pays ne cherchait pas à se doter de l'arme nucléaire, tout en défendant le droit de l'Iran à poursuivre l'enrichissement d'uranium.
Le Liban et Ormuz compliquent les discussions
Les négociations s'ouvrent dans un contexte toujours très tendu sur le terrain. Les combats entre Israël et le Hezbollah ont continué vendredi et samedi au Liban, malgré une clause du protocole d'accord prévoyant la cessation des hostilités sur tous les fronts.
Téhéran estime qu'aucun accord durable ne sera possible tant que les opérations militaires israéliennes se poursuivront au Liban. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a averti qu'aucune avancée ne pourrait être obtenue sans un arrêt des combats. Donald Trump a, pour sa part, demandé à l'Iran d'empêcher ses alliés régionaux de poursuivre les hostilités, menaçant de nouvelles frappes contre la République islamique en cas d'escalade.
Si JD Vance s'est montré plus optimiste, estimant que « des progrès considérables » avaient été accomplis ces derniers jours pour stabiliser le cessez-le-feu, le porte-parole iranien a seulement évoqué une « trêve fragile ».
Autre point de crispation, la fermeture du détroit d'Ormuz annoncée samedi par l'Iran en réaction aux combats au Liban continue d'alimenter les inquiétudes. Cette voie maritime stratégique, par laquelle transitent environ 20 % des hydrocarbures mondiaux, avait été rouverte dans le cadre du protocole d'accord avant d'être de nouveau fermée.
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient « vigilantes », tout en précisant que 55 navires marchands avaient franchi le détroit sans incident samedi.