Pour sortir de la crise budgétaire, l’Institut Montaigne a réfléchi à quatre scénarios qui permettraient de retrouver la maîtrise de la dépense publique d’ici à 2029.C’est devenu une mission impossible. Comment remettre la France budgétairement d’équerre ? Et ce, alors que les débats sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 s’enlisent au Parlement. Faut-il changer radicalement de méthode ? Dans une note dévoilée mercredi 25 novembre, l’Institut Montaigne plaide pour mettre en œuvre le « budget base zéro ». C’est-à-dire construire un budget qui « partirait de l’intention politique et non pas de l’exercice précédent », précise la directrice du think tank libéral, Marie-Pierre de Bailliencourt.
Concrètement, le think tank ne cherche pas à peser sur le budget 2026, mais propose une méthode pour revenir à l’équilibre primaire – hors intérêts de la dette – et stabiliser la dette d'ici à 2029. Un objectif qui paraît très difficile, tant la situation de la France est aujourd’hui dégradée. La dette, détenue à 54 % par des non-résidents, devrait atteindre 3 470 milliards d’euros – 116 % du PIB – cette année. Le ratio de dette publique est désormais le deuxième plus élevé de l’Union européenne. « Même en neutralisant les effets de l’inflation et de la croissance démographique, la hausse des dépenses publiques est de 28 % » depuis 2000, pointe aussi la note.
Une « tendance au déni »
Selon le think tank, cette dérive des finances publiques s’explique d’abord par une « tendance au déni » dans le pays. Un refus de voir la réalité en face qui a conduit les gouvernements depuis 50 ans à un « non-choix » politique. Ce qui s’est traduit, par facilité, par la décision de privilégier la hausse des dépenses sociales – 900 milliards d’euros aujourd’hui en comptant les dépenses de retraite, de santé et du reste de la protection sociale.
Surtout, ce manque d’arbitrages a enfermé la France dans une vision purement technique du budget. Cette dernière fait osciller les décideurs politiques entre « coups de rabot indifférenciés sur les grands postes de dépense d’un côté » et « économies marginales sur des dispositifs périphériques de l’autre ».