À la suite d'un examen chaotique débuté le 24 octobre, la partie « recettes » du budget 2026 a été rejetée par les députés dans la nuit du vendredi au samedi 22 novembre. Dès la semaine prochaine, le texte partira au Sénat. À ce stade, l’adoption d’un budget avant Noël paraît improbable.C'était attendu. Les députés ont rejeté dans la nuit du vendredi au samedi 22 novembre la partie « recettes » du projet de loi de finances (PLF) pour 2026. Et le résultat du vote est sans appel : 404 voix contre, 1 voix pour – Harold Huwart (Liot) – et 84 abstentions. « Je ne céderai pas à la résignation. Nous ne sommes qu'à mi-chemin de la navette parlementaire et nous voyons que quand le débat a lieu des consensus peuvent aboutir », a réagi la ministre de l'Action et des Comptes publics Amélie de Montchalin à l'issue du vote.
Avant même le vote, le Parti socialiste (PS), le Rassemblement national (RN), La France insoumise (LFI) et les Écologistes avaient annoncé qu’ils voteraient contre le texte. Même au sein du bloc central, personne ne voulait voter ce budget. Le groupe macroniste s'est finalement abstenu et 7 députés – dont les anciens ministres Olivia Grégoire, Astrid Panosyan-Bouvet et Eric Woerth – ont même voté contre. Le groupe MoDem s'est lui aussi abstenu, tandis que le groupe Horizons – soutien de l'ancien Premier ministre Edouard Philippe – s'est opposé à cette copie budgétaire.
Amélie de Montchalin avait par ailleurs affirmé dans la nuit que le déficit public se serait élevé à 4,1% du PIB en tenant compte de trois amendements votés lors des débats à l'Assemblée et à 5,3% en les écartant. Parmi les amendements proposés : le premier de LFI portait sur les bénéfices des multinationales, censé rapporter 26 milliards d'euros selon son auteur. Le second du RN était sur une hausse du taux de la taxe sur les rachats d'action, qui aurait augmenté les recettes de 6,5 milliards d'euros. Et le troisième de LFI aurait instauré une contribution sur les dividendes exceptionnels des grandes entreprises, ce qui aurait rapporté 4,8 milliards d'euros. Mais le gouvernement les a jugés « fragiles » juridiquement.
Vendredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convié à déjeuner les représentants des groupes parlementaires du centre et de la droite, ainsi que les ministres concernés par le budget et celui de la Sécurité sociale. Selon l’entourage du locataire de Matignon, cette réunion visait à « articuler le travail entre les députés et les sénateurs » et à « préparer les nouvelles et prochaines lectures ».