À l'issue de son audition par le Parlement, ce 20 mai, la nomination de l'ex-secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin, à la Banque de France, vient d'être confirmée. Il succédera à François Villeroy de Galhau.
L’histoire se répète, à quelques nuances près, y compris chez les hommes de confiance des présidents. En 1976, le secrétaire général de l’Élysée, Claude Pierre-Brossolette, apparaît dans un écho du Monde le mettant sur la liste des possibles pour succéder à Jacques Chaine, patron du Crédit lyonnais, tout juste assassiné. « Valéry Giscard d'Estaing me dit : ''Alors, vous avez envie d’aller au Crédit lyonnais ? », raconte Claude Pierre-Brossolette dans Dans l’ombre des présidents (coécrit avec Romain Bongibault, Fayard).
Et Claude Pierre-Brossolette de répondre : « Monsieur le président, je n’ai parlé à personne mais tous les journaux veulent savoir. Acceptez l’idée qu’un ancien directeur du Trésor pourrait y aller. Si vous m’y nommez, je serai très content, car je serai vraiment responsable de ce qu’il y a à faire ». Sauf que VGE le juge « programmé pour la Banque de France ».
Il n’empêche : le secrétaire général ne veut rien entendre et rétorque au président : « La Banque de France, j’ai été leur censeur, c’était sans charme et gênant. J’avais la quarantaine et je donnais des ordres à des gouverneurs qui avaient vingt ans de plus que moi ». VGE s’incline et le choisit comme président du Crédit lyonnais.
Cinquante ans plus tard, le Parlement vient de donner son feu vert à la nomination présidentielle d'Emmanuel Moulin. L'ex-secrétaire général de l’Élysée d’avril 2025 à avril 2026 succédera à François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France, institution majeure de la République, gardienne de la monnaie et du système financier. Les socialistes, les Insoumis et le Rassemblement national avaient annoncé qu'ils voteraient contre sa nomination, si bien que son sort était entre les mains de LR.
Du rocardisme au sarkozysme
Emmanuel Moulin présidera le conseil général de la Banque de France, qui délibère sur les questions relatives à la gestion des activités autres que celles relevant de l’Eurosystème (l’autorité monétaire de la zone euro), et participera au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), qui détermine la politique monétaire de la zone euro.
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