La France s’apprête à emprunter un montant historique de 310 milliards d’euros en 2026. À quelques heures du changement d’année, ce chiffre a de quoi donner le vertige aux comptables de Bercy. Dans son programme de financement dévoilé ce mardi 30 décembre, l’Agence France Trésor (AFT) en charge de la gestion de la dette de l’État a détaillé les émissions à moyen et long terme pour 2026. Mais ce programme est évidemment susceptible de bouger compte tenu de l’absence de budget 2026 en bonne et due forme. En parallèle, Matignon a publié ce jour même son décret sur les services votés inscrits dans la loi spéciale. Ce texte adopté de justesse en fin d’année permet d’éviter la paralysie administrative et le financement des services publics mais ne résout en rien l’équation budgétaire pour l’année prochaine.
Sur les adjudications à venir en janvier, l’Agence France Trésor ne semble pas inquiète malgré le régime de la loi spéciale. « La stratégie de l’AFT restera globalement la même. On ajustera nos émissions en fonction de la demande », a précisé Antoine Deruennes. Toujours surveillée par les agences de notation, la dette tricolore a atteint 117,4 % du produit intérieur brut, pour une valeur brute de 3 482 milliards d’euros, selon l’Insee. Un niveau comparable au pic enregistré à la pandémie du Covid. À l’époque, l’économie française avait dû affronter une montagne de dépenses colossales pour financer le « quoi qu’il en coûte ». En première ligne, l’Agence France Trésor avait emprunté sur les marchés sans vraiment de difficultés.