En pleine présentation du budget de la Sécurité sociale, la Cour des comptes met en lumière un paradoxe financier. L'État, qui compense les allègements de cotisations, est accusé de sous-compenser les pertes de la Sécu, engendrant un déficit chiffré. Pire, il s'apprête à récupérer 3 milliards d'euros de recettes supplémentaires en 2026.Ce mardi marque le début de l’examen du budget de la Sécurité sociale (PLFSS) à l’Assemblée nationale. Si les dépenses de santé, particulièrement ciblée cette année, ont mis le feu aux poudres en commission des Affaires sociales, les recettes sont moins évoquées dans ce budget. Pourtant, elles constituent un élément clé dans l’équilibre financier des comptes de la Sécurité sociale.
Pour preuve, la Cour des comptes a présenté ce lundi une note sur la situation financière de la Sécurité sociale à destination du Parlement révélant que la dégradation des comptes tenait pour partie à un affaissement conjoncturel des recettes. Ainsi, l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) fixé dans la loi de financement de la Sécurité sociale devrait quasiment être respecté cette année, à 1 milliard d’euros près, lié à une prévision de recettes trop optimiste, ont constaté les magistrats de la Cour des comptes. Et l'année 2026 ne semble pas apporter beaucoup plus de recettes supplémentaires, avec 2,1 milliards d’euros nets, contre 9 milliards d’euros d’économies. En vérité, la note précise que 5,1 milliards d’euros nets de recettes supplémentaires sont attendus en 2026, mais que 3 milliards d’euros d’entre elles seront récupérées par l’État.
Perte de 5,5 milliards d’euros pour la Sécurité sociale en 2024
Concrètement, l’institution explique que ces 3 milliards d’euros récupérés par l’État correspondent à la baisse des exonérations de cotisations votée dans le budget de la Sécu en 2025. Cette dernière prévoyait 1,6 milliard d’euros d’allègements généraux en 2025 et 1,4 milliard d’euros en 2026, que l’État récupérera donc l’année prochaine par le biais d’une baisse de TVA. Cette TVA, justement, vient du principe de compensation, qui oblige l’État à compenser les pertes liées à l’allègement de cotisations sociales dans les comptes de la Sécu. La politique d’Emmanuel Macron a consisté à réduire ces cotisations ces dernières années, afin de réduire le coût du travail et de relancer l’emploi. Ainsi, c’est près de 80 milliards d’euros d’allègements de cotisations sociales que l’exécutif laisse passer chaque année et doit rembourser à la Sécurité sociale. Avec une première mesure rectificative de remonter ces cotisations en 2025, l’État reprend donc une partie de ses compensations à la Sécu.