Contrarié par le refus de l’actuel président de la Réserve fédérale d’abaisser ses taux d’intérêt, Donald Trump espère lui trouver un successeur plus conciliant. (Photo d’illustration.)
Jerome Powell termine son mandat l’année prochaine. Pour le remplacer, Donald Trump a donné le nom de deux candidats, proche de son idéologie : Kevin Warsh et Kevin Hassett. Mais rien ne garantit au républicain que le futur président de la banque centrale américaine s’alignera sur sa politique.
Qui sera le futur patron de la Réserve fédérale américaine (Fed) ? Donald Trump a donné quelques indices mardi sur les candidats qui pourraient diriger la banque centrale du pays. Et une chose est sûre, ce ne sera pas Scott Bessent, l'actuel secrétaire au Trésor : « J'adore Scott, mais il veut rester là où il est », a déclaré le président américain mardi lors d'une interview accordée à CNBC.
Il a néanmoins indiqué que sa liste de candidats en compte désormais quatre. Et parmi eux, le prénom Kevin reviendrait deux fois. « Les deux Kevin sont très bons et il y a d'autres personnes qui sont également très bonnes », a-t-il soufflé. Une allusion à Kevin Warsh, un ancien gouverneur de la Fed, et à Kevin Hassett, conseiller économique de Donald Trump.
L'actuel président de la Fed, Jerome Powell, à qui le président fait la guerre pour qu'il baisse les taux d'intérêt, terminera son mandat en mai 2026. Ce qui laisse à Donald Trump le champ libre pour trouver un candidat de son choix. Celui-ci devra tout de même être validé par le Sénat, une formalité, puisque la chambre haute est à majorité républicaine.
Kevin Warsh est un ancien membre du Conseil des gouverneurs de la Fed. Il a été nommé à ce poste en 2006 par l'ancien président George W. Bush. Il devient alors le plus jeune Américain à occuper une telle fonction, à 35 ans. Il a également été conseiller économique de Bush. Pendant la première partie de sa carrière, cet originaire du nord de l'État de New York, a travaillé pour la banque Morgan Stanley & Co.
Ce n'est pas la première fois que son nom apparaît pour diriger l'institution financière. Déjà en 2017, il a été pressenti au poste avant que le président ne préfère finalement choisir Jerome Powell. Son nom avait également été évoqué pour le poste de secrétaire au Trésor, occupé aujourd'hui par Scott Bessent.
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D'un point de vue politique, il a été l'un des rares anciens gouverneurs à être affilié au Parti républicain. Et ces derniers mois, il s'est montré particulièrement critique envers la politique menée par Jerome Powell. « Le président a le droit d'être frustré par Powell et la Réserve fédérale », a-t-il ainsi déclaré sur Fox News en juillet. « L'hésitation de la Fed à réduire les taux, je pense, est en fait un sérieux handicap pour elle », a-t-il assené. De quoi en faire un candidat idéal pour Donald Trump, qui met la pression depuis des mois sur Jerome Powell pour baisser les taux.
De son côté, Kevin Hassett, économiste, est un proche conseiller du président américain. Il est notamment directeur du Conseil économique national depuis 2025. Il a également été président du Conseil des conseillers économiques de 2017 à 2019, sous Trump I. Il a aussi été conseiller économique lors de la campagne de Bush en 2004, de McCain en 2008 et de Mitt Romney en 2012. Ce doctorant en économie à l'université de Pennsylvanie a, par ailleurs, exercé à l'Americain Enterprise Institute, un organisme conservateur.
« Je travaille avec le président depuis environ huit ans et, vous savez, en tant que l'un de ses plus proches conseillers économiques, bien sûr, nous avons parlé de la Réserve fédérale », a déjà déclaré en mars Kevin Hasset sur NBC News. Il a également critiqué la gestion actuelle de Jerome Powell et se prononce en faveur d'une baisse de taux : « Je pense qu'un président de la Fed devrait écouter toutes les voix, en particulier celles des critiques, pour réfléchir à ce qui est juste ou erroné. Le président de la Fed a également une responsabilité en matière de transparence, et je pense qu'il [Powell] a quelque peu failli à cette obligation », a-t-il plaidé il y a quelques mois.
Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a menacé à plusieurs reprises Jerome Powell, qu'il surnomme « Jerome Too Late ["Trop Tard", en français] Powell ». Le président américain plaide pour une baisse de taux de 3 %, afin de soutenir l'économie, à l'heure où la guerre commerciale lancée par le républicain avec ses partenaires commerciaux accroît l'incertitude. Mais la semaine dernière, la Fed a décidé une nouvelle fois de laisser ses taux inchangés. « Too Late Powell devrait démissionner », a lâché le président sur son réseau Truth Social. Une possible baisse de 0,25 point de pourcentage serait néanmoins envisagée lors de la prochaine réunion de l'institution, en septembre.
Outre les pressions du milliardaire, la Fed fait aussi face à des dissensions internes. Lors de la dernière réunion, deux gouverneurs ont voté contre la décision de la Fed de maintenir un statu quo sur les taux. Une gouverneure, Adriana Kugler, a également annoncé sa démission surprise la semaine dernière. De quoi permettre au président américain de lui trouver un remplaçant de son choix.
Néanmoins, placer un de ses proches à la présidence de la Fed ne garantirait pas à Trump qu'il reste de son côté. L'institution financière est indépendante du pouvoir exécutif et les présidents de la Fed ont souvent tendance à s'écarter du locataire de la Maison-Blanche. L'exemple de Jerome Powell est criant, puisqu'il a été nommé par... Donald Trump. Mardi, il a ainsi déclaré : « Parfois, ils sont tous très bons, jusqu'à ce qu'on les mette sur le terrain et là, ils ne sont plus aussi bons. »