Selon le Washington Post, le secrétariat à la Guerre réclame cette somme pour reconstituer le stock de munitions.
La guerre avec l’Iran, débutée par Donald Trump, pourrait bien se transformer en gouffre financier pour son administration. Selon le Washington Post, le secrétariat à la Guerre réclame 200 milliards de dollars de rallonge budgétaire pour continuer son initiative militaire.
Cette somme qui va être demandée au Congrès doit permettre à l’armée de s’assurer « que le stock de munitions est reconstitué, et pas seulement reconstitué, bien au-delà », a justifié le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth en conférence de presse jeudi.
« Nous faisons cette demande pour de nombreuses raisons qui vont bien au-delà de l'Iran. C'est un monde très instable », a, de son côté, commenté Donald Trump.
Pas sûr que l’organe législatif accepte cette rallonge. Et pour cause, il s’agit tout simplement du cinquième du budget annuel de la défense, alors que le conflit reste très impopulaire aux États-Unis. Ce montant, record, est même supérieur aux 188 milliards d'aide militaire débloqués pour l'Ukraine par l'administration Biden, pendant trois ans.
2 milliards de dollars dépensés par jour
Le département de la Guerre a informé le Congrès que les six premiers jours de guerre avaient coûté 11,3 milliards de dollars. Cela revient donc à deux milliards de dollars dépensés par jour pour attaquer Téhéran et protéger ses bases des projectiles iraniens.
Mais selon le Center of Strategic and International Studies, l’intensité de la guerre et des envois de munitions ont largement diminué ces derniers jours. Le think tank, qui estime la facture américaine à 20 milliards entre le 28 février et le 20 mars, estime donc que les coûts de l'opération militaire vont à présent se stabiliser à environ un demi-milliard de dollars par jour.
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Plus coûteux que la guerre du Golfe
Autrement dit, si le conflit devait durer trois mois, il coûterait plus cher à l’armée américaine que la guerre en Irak de 2003. Selon le Congressional Research Service, à l’époque, l’administration avait évalué à 60 milliards de dollars le coût de la deuxième guerre du Golfe.
Or, Kent Smetters, directeur du think tank Penn Wharton Budget Model, a déclaré début mars à CNN qu'une guerre de deux mois pourrait coûter entre 40 et 95 milliards de dollars. Mais cette somme ne concernerait que les coûts militaires directs. Au final, la facture pourrait être encore plus salée pour Washington.
Concernant la guerre en Irak de 2003, les économistes Joseph Stiglitz et Linda Bilmes ont estimé son coût économique total entre 1 000 milliards et 3 000 milliards de dollars en incluant les soins des vétérans, les intérêts sur la dette, le coût de la reconstruction du pays, etc.
Pour cette nouvelle guerre, là encore, le coût total pourrait être astronomique. « C’est extrêmement imprévisible et nous n’en connaîtrons le coût qu’une fois que ce sera terminé », précise Lindsay Koshgarian, directrice du programme National Priorities Project à l’Institute of Policy Studies.