Dès septembre, la durée des visas étudiants étrangers sera plafonnée à quatre ans, avec des extensions décidées à Washington. Les États-Unis s’attaquent à leur propre réservoir de talents, au risque d’amputer leur croissance de centaines de milliards de dollars par an.La décision est tombée au cœur de l’été, dans un texte de plus de 200 pages publié au Federal Register. À partir du 15 septembre, les étudiants étrangers aux États‑Unis n’entreront plus avec un statut ouvert, lié à la durée réelle de leurs études, mais avec un compte à rebours fixe : quatre ans au maximum, parfois moins, et une extension de séjour à demander à Washington pour finir un cursus plus long.
Depuis les années 1970, la plupart des étudiants étrangers aux États‑Unis vivaient avec une règle simple : tant qu’ils suivaient leur cursus et respectaient les conditions du séjour, leur présence était autorisée, sans date butoir fixée à l’entrée. Ce principe, la « duration of status », est précisément ce que le département de la Sécurité intérieure vient d’abroger, au nom d’une reprise en main sur des séjours jugés trop longs et trop difficiles à contrôler.
La nouvelle architecture est beaucoup plus rigide : admission initiale pour une période fixée, jusqu’à quatre ans pour les étudiants, 240 jours seulement pour les journalistes, puis obligation de déposer un dossier auprès des services d’immigration pour prolonger. Ainsi, un étudiant français admis à un bachelor de quatre ans ou à un master de deux ans, puis à un doctorat, doit-il désormais anticiper le fait que son visa sera automatiquement coupé au terme de la durée autorisée, avec un passage obligé par une demande d’extension soumise au bon vouloir de l’administration.