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ÉconomiePolitique internationale

Un courriel du Pentagone évoque la suspension de l'Espagne de l'Otan

latribune.fr

Publié le 24 avril 2026 à 10:59

Le président américain Donald Trump, le 23 avril 2026.

Le président américain Donald Trump, le 23 avril 2026.

Nia Williams - REUTERS - Kylie Cooper

Le Quotidien Numérique

12 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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L'administration Trump a plusieurs fois exprimé sa frustration à l’égard de l’Espagne, qui s’est montrée la plus critique à l’égard de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Une telle suspension serait inédite dans l'histoire de l'Otan.

Si cela se concrétise, ce serait sans précédent dans l'histoire de cette organisation internationale. Un courriel interne du Pentagone détaille de possibles sanctions des États-Unis contre les alliés de l’Otan n’ayant pas, selon Washington, soutenu les opérations américaines contre l’Iran. Ce document évoque la suspension de l’Espagne au sein de l’alliance transatlantique, a déclaré un responsable américain à Reuters.

Ces options politiques, détaillées dans une note, expriment la frustration ressentie par l’administration Trump face à la réticence, voire au refus de certains alliés d’accorder aux États-Unis des droits d’accès, de stationnement et de survol de leur pays. Ceux-ci refuseraient de faciliter les attaques américaines au Moyen-Orient, a déclaré le responsable sous couvert d’anonymat.

Précisant que ces options circulaient au plus haut niveau au Pentagone, il a déclaré que l’une des options évoquées dans le courriel envisage de suspendre les pays « difficiles » de leurs fonctions importantes ou prestigieuses au sein de l’Otan.

Le Premier ministre espagnol réagit

Pedro Sánchez, chef du gouvernement espagnol, a réagi assez rapidement ce vendredi. Il a dit ne pas avoir d’inquiétude après la publication de ces d’informations. « L’Espagne est un partenaire fiable au sein de l’Otan et nous remplissons nos obligations envers l’Alliance », s’est-il défendu, en ouverture d’un sommet des dirigeants de l’UE à Chypre, avant d’ajouter : « Donc, pas d’inquiétude ».

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« Nous ne travaillons pas sur la base de courriels, nous travaillons sur la base de documents officiels et de prises de position que le gouvernement des États-Unis formule », a-t-il aussi affirmé par ailleurs en espagnol. « La position du gouvernement espagnol est claire : une coopération absolue avec nos alliés, mais toujours dans le cadre de la légalité internationale », a-t-il poursuivi en espagnol.

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Envoyer un signal fort

L'administration Trump a plusieurs fois exprimé sa frustration à l’égard de l’Espagne, qui s’est montrée la plus critique à l’égard de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, le pays interdisant que leurs bases ou leur espace aérien soient utilisés pour attaquer Téhéran.

Les options politiques décrites dans le courriel auraient ainsi pour but d’envoyer un signal fort aux alliés de l’Otan dans le but de « réduire le sentiment de droit acquis de la part des Européens », a déclaré le responsable.

Par ailleurs, l’option consistant à suspendre l’Espagne de l’alliance aurait un effet limité sur les opérations militaires américaines, mais un impact symbolique significatif, selon le courriel cité par le responsable.

Le responsable n’a pas précisé comment les États-Unis pourraient procéder pour suspendre l’Espagne de l’alliance, et Reuters n’a pas pu déterminer immédiatement s’il existait un mécanisme pour ce faire.

Alliés « tigres de papier »

Pour rappel, le président américain Donald Trump a multiplié les critiques contre ses alliés de l’Otan, leur reprochant de ne pas avoir envoyé leurs forces navales afin d’aider à rouvrir le détroit d’Ormuz, fermé en raison de la guerre en Iran.

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Interrogée par Reuters sur ce courriel, la porte-parole du Pentagone, Kingsley Wilson, a répondu : « Comme l’a dit le président Trump, malgré tout ce que les États-Unis ont fait pour nos alliés de l’Otan, ceux-ci n’étaient pas là pour nous. »

« Le département de la Défense veillera à ce que le président dispose d’options crédibles pour s’assurer que nos alliés ne soient plus des tigres de papier et qu’ils jouent leur rôle. Nous n’avons pas d’autres commentaires à faire sur les délibérations internes à cet égard », a-t-elle ajouté.

Menace de retrait des États-Unis

Le locataire de la Maison-Blanche a également menacé de se retirer de l’alliance. Cette dernière option ne figure pas dans le courriel interne du Pentagone, a déclaré le responsable. Il ne propose pas non plus la fermeture de bases américaines en Europe. Le responsable américain, interrogé par Reuters, a toutefois refusé de dire si les options incluaient un retrait de certaines forces américain d’Europe, mouvement pourtant largement anticipé.

La guerre américano-israélienne contre l’Iran a soulevé de sérieuses questions quant à l’avenir de l’Otan, et a suscité une inquiétude sans précédent quant à la possibilité que Washington ne vienne pas en aide à leurs alliés européens s’ils venaient à être attaqués.

(Avec agences)

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