Ukraine et Iran : Trump casse l’Otan. La chronique de François Clemenceau
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La chronique de François Clemenceau
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« L’Otan n’est qu’un tigre de papier. » Il le proclamait il y a 25 ans du haut de sa fortune de promoteur immobilier en quête de partenaires d’affaires à Moscou. Et il le pense toujours : quelle honte de voir qu’aucun de ses nombreux alliés n’ait accepté en fermant les yeux de venir l’aider à débloquer le détroit d’Ormuz fermé de facto par l’Iran au trafic maritime !
Quel manque de gratitude alors que l’Amérique a dépensé des centaines de milliards de dollars pour assurer une permanence dissuasive sur le continent européen ! Mais qui sont donc ces « lâches » qui refusent de participer à une guerre punitive contre un pays dont les missiles, selon Israël, seraient capables d’atteindre Paris, Rome et Berlin ?
Le bon sens et l’esprit critique consistent de temps à autre à retourner la question : mais quelle est donc cette première puissance militaire mondiale qui refuse d’aider les Européens à défendre l’Ukraine contre la Russie de Poutine dont les frappes quotidiennes de missiles et les drones visent à empêcher ce peuple de rester sur son chemin démocratique pour s’arrimer à l’Union européenne ? « Est-ce bientôt la fin de l’Otan ? » titrait le magazine américain The Atlantic cette semaine.
Aux États-Unis, le président est pris au sérieux quand il déclare sans hésiter qu’il pourrait désormais quitter l’Alliance et, après une seconde d’inspiration boudeuse et vengeresse, qu’il aurait toute latitude de le faire sans même consulter le Congrès.
L’ancien ministre de la Défense puis des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a eu raison de parler, ce vendredi 27 mars, de « schisme » à propos des liens euroatlantiques. Toutes les religions monothéistes qui ont confondu pouvoir spirituel et temporel ont connu dès les premiers siècles des « scissions ». Puisqu’on évoque l’Iran, celle entre chiites et sunnites. Chez les juifs, entre le royaume d’Israël et celui de Juda. Ou chez les chrétiens entre catholiques et protestants. Le dissident est qualifié d’hérétique, jugé et puni comme tel.
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