En relançant le projet minier d’Ambler, gelé sous l’ère Biden, Donald Trump fait sauter un verrou symbolique et stratégique. L’objectif : exploiter les ressources américaines pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement en métaux critiques face à la Chine.Le 6 octobre dernier, Donald Trump lève les yeux de son feuillet, tapote le Resolute desk et tranche : « Nous devons exploiter nos ressources pour rester numéro un. »
Autour de lui, ses secrétaires à l’Intérieur et à l’Énergie acquiescent, le chef d’État signe l'approbation de l'immense projet d’Ambler : 340 kilomètres de route à travers la forêt d’Alaska, pour permettre aux projets miniers de se développer de part et d’autre de la chaussée. Les agences fédérales ont 30 jours pour émettre les permis.
Sécuriser les chaînes de valeur
Au-delà du symbole politique, le paquet d’actions dévoilé par Washington met en pratique la politique industrielle annoncée lors de la campagne du candidat républicain : accélérer l’amont minier pour desserrer l’étau chinois. Dans le même mouvement, la Maison-Blanche a annoncé une prise de 10 % du capital de Trilogy Metals, un opérateur de la route d’Ambler, et confirme un investissement minoritaire dans Lithium Americas (projet Thacker Pass au Nevada). Le message est limpide : l’État fédéral est prêt à monter au capital de futurs champions de l’extraction pour sécuriser des chaînes d’approvisionnement.
Sur le plan macroéconomique, la Maison-Blanche met en avant un argument simple : les États-Unis dépendent encore trop largement des importations pour leurs métaux critiques. D’après l’USGS, le pays achète à l’étranger 45 % de son cuivre raffiné, 76 % de son cobalt et la totalité de son gallium. Or, ces trois métaux sont essentiels à la fois pour les réseaux électriques, les centres de données et les technologies bas-carbone.
« Le gouvernement américain a pris conscience de l’importance des métaux. Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, Donald Trump a enchaîné les décrets pour augmenter la production de métaux stratégiques essentiels à la souveraineté économique des Etats-Unis », explique à La Tribune Benjamin Louvet, directeur gestion matières premières chez OFI invest AM.