Moyen-Orient : JD Vance est arrivé en Suisse, les négociations démarrent
latribune.fr
Un bateau de la police suisse patrouille sur le lac des Quatre-Cantons, près du Bürgenstock, où se déroulent les négociations entre les États-Unis et l’Iran, le 21 juin 2026.
Quatre jours après la signature d’un protocole d’accord, les délégations américaine et iranienne entament ce dimanche des discussions décisives en Suisse. Les combats au Liban et la nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz fragilisent déjà les chances de succès.
La paix entre dans le vif du sujet. Les négociations entre les États-Unis et l’Iran ont officiellement débuté ce dimanche matin au Bürgenstock, en Suisse, où les deux délégations tentent de transformer le protocole d’accord signé mercredi en un accord durable sur le nucléaire iranien et la sécurité régionale.
Les discussions se tiennent dans un hôtel surplombant le lac de Lucerne, en présence des pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar. La diplomatie suisse a confirmé le début des pourparlers après l’arrivée des deux délégations.
Le vice-président américain JD Vance conduit la délégation de Washington. Côté iranien, les discussions sont menées par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, accompagné du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et du gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.
Avant son départ des États-Unis, JD Vance avait indiqué espérer des avancées sur « la question nucléaire et le cessez-le-feu au Liban », tout en précisant qu’il ne resterait en Suisse « qu’un jour ou deux ». L’émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner participent également aux discussions.
Le Liban menace déjà le protocole
Ces négociations s’ouvrent toutefois dans un climat extrêmement fragile. Le protocole d’accord prévoit une cessation des hostilités sur l’ensemble des fronts, mais les affrontements se sont poursuivis samedi au Liban.
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Des frappes israéliennes ont encore fait au moins 30 morts dans l’est et le sud du pays avant une accalmie en fin de journée, après que l’armée israélienne a reçu l’ordre de suspendre ses opérations offensives tout en maintenant une posture défensive dans la zone qu’elle contrôle au sud du Liban.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a averti samedi que le protocole serait « en danger » si ses clauses n’étaient pas rapidement appliquées. Même prudence du côté iranien où le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaei, a appelé à ne nourrir aucun « optimisme », estimant que « l’ennemi a montré qu’il ne tenait pas ses promesses ».
L’Iran affirme aussi que les pourparlers avec les Etats-Unis porteront aussi sur ses avoirs gelés et ses ventes de pétrole et que le Liban sera le « principal » sujet discuté avec les Etats-Unis.
Depuis le déclenchement de la guerre le 28 février, le conflit a fait plus de 4 000 morts au Liban, selon les autorités sanitaires du pays.
Le détroit d’Ormuz refermé
Autre sujet majeur de crispation : le détroit d’Ormuz. En réaction aux combats persistants au Liban, le commandement iranien a annoncé samedi une nouvelle fermeture de cette voie maritime stratégique, par laquelle transitent habituellement près de 20 % des hydrocarbures mondiaux.
Téhéran présente cette décision comme une première mesure de rétorsion face aux violations présumées du protocole d’accord et menace d’aller plus loin si la situation ne s’améliore pas.
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assure toutefois que 55 navires marchands ont pu franchir le détroit sans incident samedi et affirme maintenir une surveillance renforcée.
Les autorités iraniennes évoquent également la création de frais de transit pour les navires empruntant Ormuz, tandis que Donald Trump a déjà menacé d’instaurer un péage similaire en cas d’échec des discussions.
Alors que les pourparlers sont prévus pour une durée initiale de soixante jours, renouvelable si nécessaire, les négociateurs devront donc tenter de sauver un processus diplomatique déjà fragilisé avant même son véritable lancement.