Le président américain a donné rendez-vous jeudi à de nombreux dirigeants au forum économique pour lancer son " Conseil de paix ".
EF - REUTERS - Elizabeth Frantz
Le président américain a convié des pays au forum économique à Davos de signer la charte de son Conseil de paix qui vient directement concurrencer l’Organisation des Nations unies. Un coup porté à l’institution qui a perdu de son influence ces dernières années, et qui reflète l’échec du multilatéralisme.
Avant son arrivée à Davos, Donald Trump redessine déjà les relations multilatérales. Le président américain a donné rendez-vous ce jeudi à de nombreux dirigeants au forum économique pour lancer son « Conseil de paix ». Des pays comme la France, l’Allemagne ou encore le Canada ont été conviés pour venir « signer la charte » du Conseil, précise le carton d’invitation qui leur a été envoyé. La Russie a également été invitée à rejoindre le projet.
Le milliardaire président souhaite créer un organisme international de maintien de la paix dans le monde et de résolution des conflits. Un rôle assuré officiellement par l’Organisation des Nations unies (ONU) après sa création en 1945.
Mais dans son projet, Trump propose un fonctionnement bien différent de l’institution. Il serait d’emblée le président du Conseil, avec le pouvoir d’inviter des dirigeants, de les congédier et de désigner son propre successeur. Il aurait aussi un droit de veto et gérerait l’agenda. Il ne pourrait être remplacé qu’en cas de démission ou d’incapacité constatée par le Conseil exécutif, souligne la charte. Ce dernier serait composé en majorité de proches et d’alliés du milliardaire.
Autre particularité du Conseil de paix : son prix. Selon la charte, les États membres pourraient exercer un mandat de trois ans maximum. Mais ceux qui verseraient plus d’un milliard au Conseil pourraient siéger bien plus longtemps.
« Son projet n’a rien à voiravec le multilatéralisme comme l’ONU, les États-Unis veulent opérer seuls et à un niveau jamais atteint dans la politique de l’histoire américaine », commente, pour La Tribune, Ronald Hatto, chercheur au Centre de recherches internationales de Sciences Po Paris.
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