Coût de la dette : le taux d’emprunt de la France à 10 ans atteint un sommet depuis 2009

Quelque 56 % des créanciers de la dette de la France étaient " non-résidents " fiscaux fin 2025.
BT/ - REUTERS - Benoit Tessier

Quelque 56 % des créanciers de la dette de la France étaient " non-résidents " fiscaux fin 2025.
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La tension monte sur un indicateur économique clé. Les taux auxquels la France emprunte sur dix ans ont dépassé ce jeudi le seuil de 4 %. Une première depuis juin 2009, tandis que le taux allemand à dix ans était au plus haut depuis 2011, à 3,20 %.
Le seuil symbolique de 4 % pose la question du coût des intérêts de la dette publique de la France, qui se situe au niveau record de 117 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, à plus de 3 500 milliards d’euros.
À 9 h 47 à Paris, les titres de la dette française à dix ans affichaient un rendement de 4,014 %. Sur un marché volatil, le taux était redescendu à moins de 4 % vers 10 h 15. En Allemagne, le rendement du « Bund » (l’emprunt à dix ans) a affiché 3,20 %, au plus haut depuis 2011. Il est retombé à 3,19 % vers 10 h 15.
« Ce mouvement reflète à la fois les tensions inflationnistes liées à l’énergie, les anticipations de politique monétaire européenne et une prime de risque politique et budgétaire propre à la France », a expliqué l’analyste John Plassard, de Cité Gestion.
« La France ne refinance heureusement pas l’intégralité de sa dette chaque année, ce qui signifie qu’un passage de l’OAT (obligations assimilables au Trésor) à 4 % » n’aura « pas d’effet instantané sur la totalité de la charge d’intérêts », a-t-il précisé.
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Quelque 56 % des créanciers de la dette de la France étaient des « non-résidents » fiscaux fin 2025, contre 50,1 % en décembre 2022, selon l’Agence France Trésor (AFT), service de Bercy qui émet les obligations françaises.
Côté créanciers français, les compagnies d’assurance (9,6 %), les banques (10,5 %), les organismes de placement collectif (OPCVM, 1,8 %) et une nébuleuse d'« autres créanciers » (22,2 %) complètent le tableau des détenteurs des plus de 3 500 milliards d’euros de dette publique française à la fin du premier trimestre 2026.
Les taux obligataires de la France, et d’autres pays de l’UE seront scrutés lors d’une réunion stratégique de la Banque centrale européenne ce jeudi. L’économie européenne semble affaiblie, avec une inflation relancée par le choc énergétique au Moyen-Orient.
Pour rappel, la BCE a déjà relevé ses taux directeurs en juin à 2,25 % pour la facilité de dépôt, 2,40 % pour le refinancement et 2,65 % pour la facilité de prêt marginal.
Les banquiers centraux de l’UE doivent notamment décider si la lutte contre une inflation attendue autour de 3 % en 2026 justifie de durcir encore le crédit dans une zone euro dont la croissance ne dépassera pas une fourchette proche de 0,8-0,9 % cette année.
Une hausse des taux renchérirait directement le coût des emprunts pour les États, les entreprises et les ménages : crédits immobiliers plus chers, refinancements d’entreprises alourdis, budgets publics sous pression dans une économie déjà ralentie. C’est le mécanisme classique par lequel la politique monétaire freine la demande pour contenir l’inflation.
(Avec AFP)