Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi 6 mars à Toulouse pour défendre les usines de Fibre Excellence.
Rémi Benoit
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Toulouse ce vendredi pour faire pression sur l'État alors que les deux dernières usines françaises de pâte à papier sont menacées de fermeture.
« Pendant qu'ils négocient, nos vies sont en jeu », peut-on lire sur la pancarte de Marine. « On y voit un ouvrier pris en étau entre d'un côté l’État et de l'autre l'actionnaire. C'est le sentiment que j'ai actuellement. Depuis janvier, nous sommes dans ces négociations mais alors que nous arrivons à la mi-mars, date butoir où les difficultés de l'usine vont s'amplifier, nous avons toujours le même discours », alerte la salariée de l'usine de Saint-Gaudens (Haute-Garonne).
Ce vendredi matin, 150 salariés du groupe, à l'appel d'une intersyndicale (CGT-FO-CFDT), rejoints par des syndicats de toute l'Occitanie et des responsables politiques, ont manifesté à Toulouse pour défendre l'emploi chez Fibre Excellence.
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi 6 mars à Toulouse pour défendre les usines de Fibre Excellence. (Crédits : Rémi Benoit)
Les deux sites de Fibre Excellence emploient 670 salariés et génèrent plus de 10 000 emplois indirects dans la filière forêt-bois-papier et la logistique. Ils produisent environ 550 000 tonnes par an de pâte à papier, utilisée pour la fabrication de nombreux produits du quotidien (papier, produits sanitaires, emballages). Les excédents de vapeur générés par le travail de la biomasse permettent également de produire de l'électricité revendue à l’État.
Mais en début d'année, le patron du groupe en France a sonné l'alerte : les deux usines pourraient fermer mi-mars. En cause : la hausse des prix du bois en France et les modalités de rachat par EDF qui ne couvrent plus les coûts réels de production d’électricité.
Sauvetage de Fibre Excellence : l’État propose 150 millions d’euros
Le 20 février, le ministère de l'Industrie a proposé au groupe un engagement de l’État de 150 millions d'euros reposantsur deux volets de 75 millions d'euros chacun. « Le premier volet concerne l'intégration du site de Saint-Gaudens dans le système des quotas carbone. Il prévoirait aussi l'abandon des intérêts et l'étalement, sur dix ans, des dettes publiques et sociales de Fibre Excellence. Cela représente un allègement significatif de la pression financière pour la trésorerie du groupe, qui est déjà soutenue ces dernières semaines et qui a déjà fait l'objet de reports de cotisations sociales et fiscales. Le deuxième volet prendrait la forme d'une garantie d'État couvrant 50 % du plan d'investissement industriel pour accompagner la modernisation des usines de Saint-Gaudens et Tarascon », expliquait le cabinet du ministre à La Tribune. À condition que l'actionnaire de Fibre Excellence « prenne ses responsabilités ».
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