Face aux éoliennes, la filière cognac attise la bataille du paysage
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Trois éoliennes installées au sud de la Charente, dans l'air d'appellation du cognac.
MG / La Tribune
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Trois éoliennes installées au sud de la Charente, dans l'air d'appellation du cognac.
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En matière d'éolien, les magistrats de la cour administrative d'appel de Bordeaux sont rodés. Chaque année, la juridiction traite environ 40 % des contentieux nationaux liés aux grands mâts blancs à trois pales. Un projet d’implantation de quatre éoliennes peut ainsi paraître anodin... sauf quand figure parmi les requérants un acteur local de poids : le Bureau national interprofessionnel du cognac (Bnic).
Au même titre que les habitants opposés, l'interprofession, qui porte les intérêts de 4 400 domaines viticoles et 250 maisons de négoce, s'élève contre le projet porté depuis 2016 par la société Énergie Éolienne de Messac, filiale du groupe allemand Windstrom. Lors d'une audience qui s'est tenue ce 25 novembre à Bordeaux, les requérants ont demandé à la Cour d’annuler les arrêtés préfectoraux autorisant le projet éolien, pris par la préfecture de Charente-Maritime en 2019 d’abord, puis en 2024 avec la dérogation accordée à l’interdiction de destruction d’espèces protégées sur et à proximité du site d’implantation.
Les conclusions du rapporteur public vont dans le sens de l’annulation des arrêtés préfectoraux au titre du préjudice causé à l’état de conservation de ces espèces protégées. La décision de la Cour sera rendue le 16 décembre.
Quelles sont les motivations de la filière cognac à figurer parmi les requérants ? S’agit-il d’une volonté de protéger la biodiversité ? Ce serait un comble : boosté par sa production viticole, le département de la Charente-Maritime était le premier acheteur en volume de glyphosate en 2023 (d’après une étude de l’association Générations Futures). Un article publié en juin 2025 dans la revue Environmental Health a démontré un lien entre l'apparition de cancers chez des rats et l'exposition à cet herbicide.
De fait, les réelles motivations du Bnic sont paysagères. « Le cognac étant une AOC, sa reconnaissance repose aussi sur sa capacité à préserver son territoire et ses paysages et ce, sur le temps très long », nous a répondu le service presse de l'interprofession dans un mail.
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