Dans l’immédiat, le gouvernement se contente d’appeler les distributeurs à faire des efforts sur leurs marges à la pompe, dans une vaste opération de communication.
KC - REUTERS - Ken Cedeno
Comme en 2022, les propositions pleuvent pour endiguer la hausse des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient. Mais certaines de ces rustines pourraient se révéler contre-productives, alertent plusieurs spécialistes.
Comme un air de déjà-vu. Qui dit nouvelle flambée des prix de l’énergie dit même mécanique politique qui s’enclenche. « Blocage des prix », « baisse des taxes », remise en cause de la « règle d’indexation des prix du gaz à ceux de l’électricité en Europe » ou encore suspension de la tarification du CO₂ : comme en 2022, les propositions affluent de toutes parts pour soulager la facture des ménages et des entreprises.
« On assiste à un concours Lépine de la réaction la plus irréfléchie », tance Nicolas Goldberg, associé chez Colombus Consulting. Derrière ces annonces, la logique est la même : atténuer ou masquer le coût des énergies fossiles et neutraliser le signal-prix envoyé aux consommateurs. Au risque, préviennent plusieurs spécialistes, d’aggraver les déséquilibres du système.
« Beaucoup de responsables politiques n’y comprennent rien. Ils ont avalé des éléments de langage pendant le week-end et recrachent plus ou moins bien ce qu’ils ont mal compris », tacle Thierry Bros, professeur à Sciences Po. « Cela reviendrait à casser le thermomètre pour faire baisser la fièvre », abonde Andreas Rüdinger, coordinateur transition énergétique France à l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).
Bloquer les prix, la tentation immédiate
Parmi les réponses avancées figure le blocage des prix. Vendredi, La France insoumise a déposé une proposition de loi visant à geler ou plafonner pendant trois mois « les prix de vente au détail des carburants, du gaz naturel et de l’électricité destinés aux consommateurs finals », comme elle l’avait déjà proposé en 2024.
En théorie, le Code du commerce permet en effet au gouvernement de fixer temporairement des prix plafonds. Mais dans la pratique, la mesure soulève de nombreuses difficultés. « Si vous gelez les prix, soit l’État indemnise les distributeurs, soit ils peuvent tout simplement arrêter de vendre pour éviter les pertes », souligne Nicolas Goldberg.
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