La hausse des prix du gaz en raison de la guerre au Moyen-Orient pèse déjà sur les marchés de l’électricité. En France, où l’essentiel du courant est produit par le nucléaire et l’hydraulique, le Rassemblement national dénonce à nouveau des « règles européennes » entraînant une « indexation » des prix sur le gaz. En réalité, ceux-ci varient d’un pays à l’autre.Après la hausse des prix du pétrole et du gaz, l’électricité sera-t-elle la prochaine à flamber ? Depuis plusieurs jours, l’escalade du conflit au Moyen-Orient affole les marchés des combustibles fossiles. Au risque d’un effet domino sur les factures de courant des Français, a averti lundi le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella.
Selon l’eurodéputé, bien que l’Hexagone produise majoritairement son électricité grâce au nucléaire et à l’hydraulique, son prix resterait en effet « indexé sur celui du gaz » en vertu de « règles européennes ». Il a ainsi réclamé leur « suspension immédiate » pour « rétablir un prix national », une marotte du parti d’extrême droite.
De fait, la panique sur le gaz, qui a grimpé jusqu’à 60 euros par mégawattheure (MWh) en Europe mercredi matin contre environ 30 euros/MWh ces derniers mois, commence déjà à se répercuter sur les cours de l’électricité en Europe. Dans le détail, le contrat français pour livraison en 2026 est monté jusqu’à 89 euros/MWh lundi matin sur les bourses d’échange, alors qu’il flirtait autour de 70 euros ces dernières semaines. Les prix sont ensuite retombés à 57 euros/MWh pour la livraison sur l'année 2027.
Pour autant, parler d’une indexation automatique des marchés européens de l’électricité sur le prix du gaz est inexact. Preuve en est : les niveaux observés varient fortement d’un pays à l’autre. L’Allemagne a dépassé les 115 euros/MWh pour une livraison fin 2026. L’Italie (très dépendante du gaz) avoisinait les 130 euros/MWh mercredi matin, tandis que le Royaume-Uni, pourtant sorti du marché intérieur de l’Union européenne, se situe autour de 93 euros/MWh à cette échéance.