Le prix du gaz en Europe a bondi de presque 50 % après l’arrêt de la production par QatarEnergy, sur fond de guerre au Moyen-Orient. Pourtant, ces dernières années, le Vieux Continent a nettement réduit sa dépendance à Doha. Mais le marché redoute une nouvelle crise d’approvisionnement à l’échelle mondiale.Sur le marché des combustibles fossiles, les certitudes ne durent jamais longtemps. Fin octobre, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) alertait sur la « forte augmentation » attendue de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le monde, susceptible de provoquer une surabondance et une baisse des prix.
Quatre mois plus tard, le décor a changé. Après des mois d’accalmie, le spectre d’une crise gazière ressurgit en Europe. La menace ne vient plus d’Ukraine, mais du Golfe. En cause : la guerre au Moyen-Orient se répercute directement sur les prix de l’énergie du Vieux Continent.
En effet, la compagnie énergétique publique qatarie QatarEnergy a annoncé lundi peu après midi avoir interrompu la production de GNL, ce gaz liquéfié destiné à l’exportation par navires, après des attaques iraniennes. Selon le ministère qatari de la Défense, deux drones ont visé une centrale électrique et un complexe terrestre de traitement de la molécule.
« Ces infrastructures ne sont pas loin de l’Iran : quelques centaines de kilomètres, soit deux heures de vol de drones, suffisent pour les atteindre », souligne Gérard Vespierre, analyste géopolitique.
La réaction des marchés a été immédiate. Vers 12 h 55, le contrat à terme du TTF néerlandais, l’indice de référence sur le marché du gaz européen, bondissait de plus de 48 %, à 47,32 euros le mégawattheure (MWh), au plus haut depuis février 2025. Un niveau certes éloigné des pics de 2022, lorsque les prix avaient dépassé les 300 euros au début de la guerre en Ukraine, mais qui reste « significatif », pointe Phuc-Vinh Nguyen, chef du Centre Énergie à l’Institut Jacques Delors.