Fiboo vise dans un premier temps le marché de la rénovation, notamment sociale ou patrimoniale.
Fiboo / Frédéric Fasquelle
Sur une ancienne friche de la cristallerie Arc, dans les Flandres, une usine flambant neuve préfigure peut-être le futur de l’isolation à faible empreinte carbone. Inaugurée mi-octobre, la première unité de production de Fiboo transforme du bambou en panneaux semi-rigides destinés au marché du bâtiment.
Depuis le 1er janvier 2022, la RE2020 impose aux bâtiments neufs une réduction drastique de leur empreinte carbone. L’isolation, maillon clé de la performance énergétique, se retrouve sous pression : comment continuer à bâtir ou rénover sans recourir massivement à la laine de verre ou au polystyrène, très carbonés et peu recyclables ? C’est dans ce contexte de bascule que la jeune entreprise Fiboo entend faire bouger les lignes, en introduisant sur le marché une fibre 100 % naturelle, transformée sans produit chimique, à partir de bambou cultivé en Europe.
« Le bambou coche toutes les cases : croissance rapide, proximité avec le bois en termes de résistance, capacité de renouvellement annuelle... C’est une matière d’avenir, que nous avons choisi de transformer mécaniquement pour en faire une fibre technique, sans solvants ni additifs », explique Pierre Vion, directeur associé de Fiboo (groupe Baudelet, une PME familiale spécialisée dans quatre secteurs : Environnement, Énergie, Commerce, Bien-Être.
Innovation mondiale et intégrée
Fiboo ne se contente pas d'être un fabricant d’isolants biosourcés de plus. L’entreprise se positionne comme le premier acteur au monde à maîtriser l’intégralité de la chaîne de valeur du bambou pour l’isolation : culture, transformation, fabrication, recyclage. Le tout en local.
« Notre objectif est de planter 450 hectares de bambou dans les Hauts-de-France, afin de garantir notre autonomie en approvisionnement. Une dizaine d’hectares a d’ores et déjà été mise en culture », précise Pierre Vion. En attendant, la ressource provient de plantations européennes, notamment en Italie. Il faut savoir que les bambouseraies ne nécessitent que très peu d'intrants et d'eau pour se développer, même sous le climat européen.
Le site industriel de Blaringhem, aménagé sur 2.500 m2.au sein de l’ancienne cristallerie Arc, incarne cette ambition de relocalisation et de sobriété. Alimenté à 100 % en électricité, sans rejet de gaz ni de poussières, il repose sur un procédé breveté de défibrage mécanique qui diffère radicalement des techniques chimiques utilisées dans l’industrie textile (type viscose).
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