Annoncé lors de Choose France, l’investissement du groupe américain, spécialiste du cycle de l’eau, dans GravitHy, n’est pas seulement un soutien financier mais bien plus une façon d’accompagner technologiquement le projet d’acier vert basé à Fos. Car l’enjeu hydrique est tout aussi important que l’enjeu de la ressource électrique porté par la ligne à haute tension.C’est un financement supplémentaire qui vient conforter et faire avancer le projet de production d’acier vert que porte GravitHy à Fos. Certes, Ecolab n’a pas précisé la ventilation qui sera faite entre le projet phocéen et la gigafactory solaire HoloSolis prévue à Sarreguemines, mais l’annonce faite lors de Choose France de 100 millions d’euros d’investissement dans ces deux projets tricolores majeurs est, quoiqu’il advienne et dans le contexte global que l’on connaît, une bonne nouvelle.
De fait, GravitHy avance discrètement mais semble poser un à un les jalons qui doivent transformer le projet en une entreprise viable. Lancée en 2022, GravitHy est cette unité de production de 2 tonnes annuelles de DRI, matière première qui sert à produire de l’acier vert, à horizon 2030. Né d’un consortium réunissant Inno Energy, Engie New Ventures, Forvia ou encore Plug, GravitHy a déjà réalisé un tour de table pour 60 millions d’euros en mars 2025, accueillant notamment d’autres industriels dont Rio Tinto et Marcegaglia. Avec ce dernier, repreneur d’Ascométal à Fos, des synergies ont déjà été dessinées.
Structurer la résilience hydrique
La levée de fonds ainsi réalisée va évidemment apporter de l’oxygène financier mais au-delà de cet aspect, c’est aussi l’apport technologique d’Ecolab qui est significatif. Car le groupe originaire du Minnesota est un spécialiste des solutions et services liés à l’eau, notamment en industrie lourde. Or, les projets industriels tels GravitHy ou HoloSolis, sont très dépendants de la ressource en eau. Ce qu’explique Thierry Troudet, directeur exécutif d’Ecolab France : « Les deux projets nous ont touché car les défis hydriques sont importants pour chacun d’eux. C’est-à-dire que même si la ligne à haute tension se fait à Fos, où est basé GravitHy et si les permis d’exploitation étaient donnés à Holosolis, la problématique de l’eau est tellement importante que ça pourrait bloquer les projets ».