Marseille-Fos : Pourquoi l’accord de Marcegaglia avec EDF est une bonne nouvelle
Laurence Bottero
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Photo d'illustration
Colin
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C'est un signal fort même s'il peut paraître banal pour qui ne regarde pas avec intérêt la mutation de Marseille-Fos : la signature d'une lettre d'intention d'allocation de production nucléaire pour une durée de dix ans entre Marcegaglia et EDF et à hauteur de 50% des besoins de l'industriel rassure non seulement le groupe italien mais tout l'écosystème qui, depuis deux ans, se structure autour de l'industrie verte.
Pour Marcegaglia d'abord, repreneur du site d'Ascométal en juin 2024, cet accord joue la carte réassurance. Car le groupe italien, spécialiste des aciers spéciaux, entend se positionner aussi sur le segment des aciers standard, ce qui lui permettait d'être présent sur l'ensemble de la chaîne de valeur et de ne plus dépendre de fournisseurs, étrangers notamment, qui produisent ces aciers standards à partir d'énergie fossiles. Pour se faire, le groupe dirigé par Antonio et Emma Marcegaglia prévoit la construction d'une nouvelle usine, extension de celle existante. La production d'aciers spéciaux, de l'ordre de 100 000 tonnes par an actuellement, passerait ainsi à 150 00 tonnes annuelles à laquelle s'ajouterait 2 millions de tonnes d'aciers standards, portant la production totale de Marcegaglia à Fos-sur-Mer à 2,15 tonnes d'aciers par an. Ce projet, baptisé Mistral, mobilise un investissement de 600 millions d'euros que le groupe italien a précisé financer seul, sans investissement privé extérieur ni aides publiques.
Mais surtout, Marcegaglia compte jouer la synergie avec deux autres projets d'industrie verte que sont GravitHy et Neocarb.
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GravitHy, porté par un consortium qui comprend Inno Energy, Engie New Ventures, Forvia, ou encore Plug, prévoit de produire du DRI (direct reduce iron) une matière première qui sert à produire de l'acier vert à partir d'hydrogène. En mars dernier, GravitHy a confirmé une levée de fonds de l'ordre de 60 millions d'euros, tour de table réalisé auprès de nouveaux investisseurs, dont Marcegaglia, intéressé par le DRI produit pour être sa matière première.
Laurence Bottero