Bras armé de la Banque mondiale pour le secteur privé, la Société Financière Internationale tranchera sur son engagement, ou non, le 15 septembre. Le prêt irait à deux sociétés des frères Berhe Weldeslassie : un Hilton en chantier depuis 2021 à Lusaka et un entrepôt céréalier à Djibouti.
Yemane et Daniel Berhe Weldeslassie, deux entrepreneurs originaires d'Érythrée et établis à Dubaï, ont sollicité jusqu'à 50 millions de dollars (43,8 millions d’euros) auprès de la Société Financière Internationale, pour financer un hôtel Hilton à Lusaka et un entrepôt céréalier à Djibouti, deux projets dont les coûts d’investissement totaux sont évalués à 97 millions de dollars. IFC prêterait à deux sociétés distinctes du groupe familial Asmara Holdings. Zebra Manufacturing Limited, maître d'ouvrage de l'hôtel, est détenue à parts égales par les deux hommes. Future Africa International Trading, qui gère l'entrepôt djiboutien, appartient à 100 % à Daniel Berhe Weldeslassie, selon le résumé d'investissement publié le 13 juillet sur le site de l'institution.
L'opération arrive tard. Le chantier de Lusaka a été lancé en 2021 et devait être livré en 2024. Trois ans après l'échéance initiale, l'immeuble n'a toujours pas ouvert et ses promoteurs vont chercher chez un bailleur de développement une part du financement qu'ils n'ont pas trouvée ailleurs. À l'origine, l'hôtel s'appelait Pyramid Continental. Zebra Manufacturing Zambia a signé un accord de protection des investissements avec la Zambia Development Agency en août 2021, pour une tour de 21 étages d’une hauteur de 60 mètres sur Thabo Mbeki Road, dans le quartier de Sunningdale. Le dossier promettait 250 emplois directs et 700 indirects pendant les travaux, puis 223 postes à l'ouverture, selon un communiqué de l'agence.
Chantier retardé
L'accord avait été signé en pleine crise sanitaire, alors que la Zambie venait de faire défaut sur sa dette extérieure et que le tourisme était le secteur le plus touché, avait souligné le président du conseil de l'agence, Bishop David Masupa, lors de la cérémonie. Le pays a depuis restructuré une partie de sa dette, mais le crédit bancaire local reste coûteux pour un projet immobilier de cette ampleur. La marque américaine n'est arrivée qu'en avril 2026. Hilton a annoncé la signature du Hilton Lusaka Pyramid dans un lot de 29 accords conclus en douze mois dans 15 pays, qui doit porter son parc africain au-delà de 180 établissements, selon un communiqué du groupe. L'hôtel conserve ses 211 chambres et suites, avec plus de 4 000 mètres carrés d'espaces événementiels, une salle de bal et 11 salles de réunion.
Les deux frères gardent la propriété des murs ; Hilton n'apporte que l'enseigne et la gestion.
Le montage a une contrepartie. Outre le prêt, la SFI prévoit d'aider Zebra Manufacturing à décrocher la certification environnementale EDGE et d'accompagner Future Africa pour rendre le projet djiboutien plus lisible aux yeux d'autres prêteurs.
L'institution compte aussi améliorer le reporting financier et la gouvernance du groupe avant tout décaissement, ce qui signale une comptabilité familiale encore éloignée des standards des bailleurs internationaux. Les deux hommes ne sont pas de nouveaux venus. Leur groupe, Asmara Holdings, revendique plus de cinquante ans d'activité et une vingtaine d'unités opérationnelles dans le négoce de matières premières, l'agroalimentaire, la construction, l'avitaillement de navires et l'hôtellerie, selon son site institutionnel. Il exploite déjà un établissement de 36 chambres à Lusaka et détient des hôtels en Angola. Le second volet du dossier est logistique. À Djibouti, le prêt financerait un entrepôt doté de silos céréaliers dans la zone franche industrielle de Damerjog, que l’IFC présente comme un maillon de sécurisation des approvisionnements dans la Corne de l’Afrique. L'ouverture du Hilton de Lusaka est annoncée pour 2027.
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