La ligne à haute tension doit servir les besoins des industriels (dont H4 Marseille-Fos ou GravitHy) mais aussi sécuriser les besoins en électricité de la région, péninsule énergétique
En engageant l’instruction de la demande de déclaration d’utilité publique, l’État fait entrer le projet de ligne à 400 000 volts dans une nouvelle phase, celle qui lui fait faire un pas vers la concrétisation de ce projet aussi disputé que discuté qui doit servir les besoins actuels et futurs de l’industrie décarbonée. Mais aussi des usages à venir.
La ligne à 400 000 volts, devant relier Jonquières Saint-Vincent dans le Gard à Fos-sur-mer dans les Bouches-du-Rhône, sera-t-elle la nouvelle Arlésienne ? Non, dit l’État qui vient d’engager l’instruction de la déclaration d’utilité publique (DUP) pour ce projet très disputé mais considéré aussi comme essentiel pour la totale transition énergétique du bassin de l’une des zones industrielles qui a été l’une des plus polluantes de France.
Fos et son bassin, longtemps chantre de l’industrie chimique et pétrochimique de l’Hexagone, a depuis 2021 entamé un virage vert qui, de fait, le repositionne totalement. A l’époque, post-crise sanitaire, notamment, les grands acteurs du secteur comprennent tous que la transition énergétique n’est pas un argument cosmétique mais bien le sens de l’Histoire. À l’instar d’Arcelor Mittal qui reçoit à l’époque la visite de celui qui est alors ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, venu annoncer le soutien de l’État à hauteur de 15 millions d’euros pour son projet de four poche d’un montant de 63 millions d’euros.
Depuis, les projets se sont multipliés, de Carbon – qui vient cependant de mettre fin à son projet de gigafactory solaire – à H4 Marseille Fos en passant par Marcegaglia ou GravitHy, adressant des problématiques d’acier vert, d’hydrogène ou de e-SAF.
Mais tous ces projets ont aussi besoin d’une énergie en grand volume : l’électricité. Sachant, qu’il existe certes les besoins fléchés aujourd’hui, mais qu’il faut être capable surtout d’anticiper ceux des 30 prochaines années.
Les besoins estimés par RTE pour l’heure sont supérieurs à 6 000 MW. L’arrêt du projet Carbon, par ailleurs, n’a aucune incidence, la gigafactory ayant toujours précisé qu’elle n’était pas dépendante de la ligne à haute tension.
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