Marseille : Enedis injecte 250 millions d’euros pour « la deuxième électrification de France »
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Enedis dote Marseille d'un plan d'investissement de 250 millions d'euros déployé sur 5 ans.
Laporte Thierry
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Enedis dote Marseille d'un plan d'investissement de 250 millions d'euros déployé sur 5 ans.
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40 minutes : c’est le temps de coupure d’électricité standard d’un habitant en zone urbaine, par an, en France. A Marseille, cette moyenne s’élève à 75 minutes. Si elle se compare à Paris ou Lyon, la Cité phocéenne est belle et bien à la traîne. A Paris, la moyenne du temps de coupure d’électricité par habitant par an est « beaucoup plus basse », à Lyon « elle est inférieure à 50 minutes », concède Hervé Champenois, membre du Directoire et directeur technique d’Enedis. Après les fortes canicules de 2022, Enedis, gestionnaire du réseau de distribution d’électricité sur 95% du territoire national, a réalisé un diagnostic patrimonial précis. Avec un résultat de sensibilité du réseau sans appel, qui débouche aujourd’hui sur un plan d’investissement complémentaire, appelé « Réseau Marseille » doté de 250 millions d’euros et déployé sur cinq ans (2025 – 2030). Un plan qui s’inscrit plus largement dans la stratégie d’investissement de 96 milliards d’euros mené entre 2022 et 2040 par Enedis. L’objectif est clair : rattraper le retard considérable qu’accumule la Cité phocéenne, considérée comme « une priorité » et d’abaisser cette moyenne de 40%.
Ce retard s’explique notamment par des épisodes climatiques spécifiques au territoire, inconnu dans d’autres territoires français éprouvés par les tempêtes et inondations. En seulement deux ans, Enedis a enregistré 34 aléas climatiques majeurs, contre 25 au cours des quatre années précédentes. A Marseille, « le point sensible est la chaleur », martèle Hervé Champenois, qui ne cache pas son inquiétude à la lecture des rapports du GIEC. Car sous les pavés de la ville, c’est une grande partie de la distribution d’électricité qui se joue. « La particularité du territoire est qu’il fait chaud le jour et la nuit : les sous-sols ne refroidissent pas », explique Jacques Nicoli, directeur régional d’Enedis Provence Alpes du Sud. Ces fortes chaleurs, déjà prégnantes du fait d’une zone urbaine très dense, sont amplifiées par les nombreux épisodes caniculaires liés au réchauffement climatique de plus en plus courant dans la région. Sous terre depuis le passage de la tempête de 1999, les 4 100 kilomètres de lignes de câbles électriques sont toujours secondés d’un câble de secours. Mais cela n’empêche pas les incidents. En effet, ces équipements d’origine sont des câbles de papier imprégné (CPI), datant des années 1960, très sensibles aux fortes chaleurs et, désormais, inadaptés. Si leur remplacement par des câbles à isolation synthétique adaptés aux conditions climatiques extrêmes du XXIème siècle et permettant de diviser par 33 le nombre d’incidents en période chaude a débuté il y a une quinzaine d’années, le plan « Réseau Marseille » vient accélérer cette transition. Pour venir à bout des 160 kilomètres de câbles CPI restants, Enedis se donne l’objectif d’en remplacer 40 kilomètres chaque année et de compter, dès lors, sur un réseau entier de dernière génération d’ici 2030.