L'agglomération de Roanne s'est équipée de deux unités de méthanisation début janvier, capables de produire 2 millions de mètres cubes de biométhane. Elles fourniront 40 % des besoins énergétiques du papetier voisin, Sofidel.
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GRDF dressait, ce 7 janvier, le bilan de sa stratégie de décarbonation en Auvergne-Rhône-Alpes. Le distributeur de gaz révèle avoir atteint le cap symbolique des 1 TWh de gaz vert produit en 2025, dix ans après le lancement de sa première unité régionale, et vise désormais le double d'ici 2030.
Avec 70% de son territoire situé en zone de montagne, mais aussi la présence de grandes métropoles et de productions AOP reposant sur de petites exploitations, la région Auvergne-Rhône-Alpes n'est pas en avance dans la production du biométhane, reconnaît Guilhem Armanet, directeur régional GRDF Sud Est.
Pour autant, la dynamique est enclenchée, comme en témoigne le cap symbolique des 1TWh de gaz vert produit en 2025, l'équivalent de 250.000 logements chauffés. Un seuil qui marque une étape importante dans l'accélération envisagée par le gestionnaire de réseau sur le territoire auralpin.
« C'est le début de la dynamique dans nos prévisions réalistes. Lorsqu'on regarde les projets déjà inscrits au registre des capacités pour bénéficier du tarif d'achat d'ici 2030, nous en avons une centaine (107 exactement). Nous nous préparons donc à un passage à 2TWh en 2030 », promet Guilhem Armanet.
A l'heure où les soutiens au gaz renouvelable demeurent encore en-deçà des besoins de la filière, le challenge est de taille, mais le contexte géopolitique pourrait rebattre les cartes au profit d'un gaz local et souverain.
Multiplier par deux la production en quatre ans
Développer en l'espace de quatre ans un réseau proche de ce qui a été fait sur dix ans ne sera pas une sinécure. Si l'acceptabilité de tels projets s'améliore, un tiers d'entre eux nécessite encore un travail particulier, admet le gestionnaire de réseau. Une difficulté qui touche tous les projets touchant à l'énergie.
Le modèle possède déjà quelques ambassadeurs, à l'instar de Sébastien Pegoud, l'un des agriculteurs à la tête du méthaniseur de Pessins (Isère), qui réunit quatre exploitations. S'il évoque un début difficile lors du lancement du projet, celui-ci estime que la guerre en Ukraine, débutée en février 2022 par l'invasion russe, a fait taire les détracteurs. Après deux ans de mise en service, il évoque un chiffre d'affaires de 1,4 million d'euros environ par an, avec un tarif de rachat acté sur quinze ans qui offre un revenu complémentaire aux actionnaires. Un projet qui a néanmoins un coût : 5,6 millions d'euros.
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