Les industries de l'agroalimentaire, de la papeterie et les abattoirs sont les plus gros consommateurs d'eau mais font des efforts pour réduire leur consommation.
Condat
Le bilan à trois ans du Plan eau le confirme : les industries consommatrices d’eau investissent pour économiser la ressource. Mais les contraintes et le coût de l’étape ultime, celle de la réutilisation des eaux usées, sont un frein, constate l'agence de l'eau Loire-Bretagne.
Trois ans après, 100 % des mesures ont été initiées, et 77 % ont été mises en œuvre. Selon le bilan, encourageant, publié le 9 avril par le ministère de la Transition écologique, le Plan eau, dont l’objectif est de réduire de 10 % les prélèvements d’ici à 2030, semble sur les rails.
Près de 1,39 milliard d’euros a été dépensé par les agences de l’eau depuis 2023. Et leurs moyens ont été rehaussés par la loi de finance 2026 à 435 millions d’euros par an supplémentaires. Pour rejoindre la trajectoire « atteignable » de 2030, la valorisation des eaux non conventionnelles (ENC - non destinées à la consommation) est un enjeu clé.
Fin février, 508 installations valorisant les ENC ont été recensées, incluant 164 stations d’épuration produisant des eaux usées traitées (EUT) et 344 industries agroalimentaires. C’est 51 % de l’objectif de 1 000 projets de valorisation des ENC affiché pour fin 2027. Selon le ministère, optimiste pour la suite, la dynamique s’accélère. « Les freins réglementaires se lèvent progressivement dans l’industrie ou dans les installations classées pour la protection de l’environnement », note son évaluation.
Plus d’aides aux économies d’eau qu’à la réduction des pollutions
Cette tendance aux économies d’eau se confirme par exemple dans l’Ouest. L’agence de l’eau Loire-Bretagne a mis en place un programme d'intervention sur 6 ans de 250 millions d’euros pour aider les entreprises, les collectivités et les agriculteurs à économiser l'eau en finançant des travaux pour gagner jusqu'à 2 millions de mètres cubes d'eau par an. Elle indique à La Tribune avoir attribué 21 millions d’euros d’aides en 2024, soit 20 fois plus qu’en 2019 (un million d’euros). Sur son bassin, le secteur agroalimentaire atteint déjà l’objectif de 10 % de baisse des prélèvements.
« Depuis 2019, 9 millions de mètres cubes ont été économisés par les IAA dont 5,5 millions dans les industries du lait et de la viande.Les industries de l’agroalimentaire, de la papeterie et les abattoirs sont les plus gros consommateurs d’eau et font des efforts pour réduire leur consommation. En 2025, 12,3 millions d’euros ont été attribués à 106 projets industriels. Depuis 2023, le volume d’aides accordées aux économies d’eau a dépassé celui des aides à la réduction des pollutions », remarque Denis Rousset, adjoint à la direction des politiques d’intervention de l’agence Loire-Bretagne. Pour toucher les PME, l’agence travaille avec les CCI, via les programmes Ecodo en Bretagne et Ressourc’Eau en Pays de la Loire.
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