Alors que plusieurs ministres européens viennent de confirmer le renforcement du nucléaire dans leur stratégie économique, et qu'en France, 100 000 recrutements sont prévus d'ici à 2035, les enjeux autour de la formation et de l'attractivité se renforcent. Etat des lieux en Auvergne-Rhône-Alpes.Recruter plus de 100 000 personnes au cours des dix prochaines années : c'est le défi auquel devra s'atteler la filière nucléaire selon le syndicat professionnel de l'industrie nucléaire française (Gifen). Entre la pyramide des âges et le retour en grâce de l'énergie nucléaire symbolisé, en France, par le programme EPR 2, qui prévoit la construction de six nouveaux réacteurs en Seine-Maritime, dans le Nord et l'Ain, ce sont ainsi près de 10 000 candidats qu'il faudra trouver chaque année. Et pour certains former, dès la fin du lycée ou en reconversion.
Pour pour permettre l’acquisition des compétences nécessaires aux métiers d’avenir de France 2030, dont fait partie le nucléaire, l'Agence nationale pour la recherche a lancé un Appel à manifestation d'intérêt (AMI) « Compétences et Métiers d’Avenir (AMI-CMA) ». AMI dont Grenoble INP-UGA est lauréate pour son projet Nouvelles Générations de diplômés en Nucléaire (N2G2V) visant à renforcer sa place sur ce segment. L'établissement va ainsi bénéficier d'une subvention de 5 millions d'euros, soit près de la moitié de l'investissement total de ce programme également soutenu par un consortium d'industriels du secteur dont EDF, Framatome, Orano, Assystem, Onet Technologies, Worldgrid France (Alten), ainsi que l'Université des métiers du nucléaire.
Grenoble et Valence, terre historique formation au nucléaire
Les premiers enseignements grenoblois autour du nucléaire datent de l'installation historique du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) au coeur de la capitale des Alpes, dans les années 50. « C'étaient alors développé des formations associées, dont certaines en partenariat avec Grenoble INP », rappelle Adrien Bidaud, professeur des universités à Grenoble INP - UGA, qui dirige le projet N2G2V. D'autres, complémentaires, ont depuis essaimé, autour de la gestion des déchets, de la sûreté ou encore des matériaux. Au total, six formations sont déjà dispensées au Phelma, à Valence ou encore à l'Ense3 dont une partie jusqu'au bac+5.