La biotech lyonnaise CTIBiotech renforce sa recherche sur l'impression 3D assistée par ordinateur de microtumeurs pour améliorer les recherches pré-cliniques.
DR CTIBiotech
Spécialisée dans l'ingénierie tissulaire humaine, la biotech CTIBiotech, implantée à Meyzieu (Rhône) a récemment annoncé un nouvel investissement de 3 millions d'euros. Soutenue par Bpifrance, l'opération a pour but de renforcer le développement et l'industrialisation de son système d'impression 3D de microtumeurs.
Après l'impression 3D de peau artificielle, c'est à celle des microtumeurs que s'attaque la biotech CTIBiotech. Implantée à Meyzieu (Rhône), la société créée en 2009 et spécialisée dans l'ingénierie tissulaire humaine était déjà connue pour sa capacité à produire artificiellement de la peau grâce à l'impression 3D assistée par ordinateur.
Elle vient désormais d'annoncer un investissement de 3 millions d'euros pour renforcer son modèle à destination du traitement des tumeurs, et accélérer son usage dans le cadre d'une médecine dite personnalisées. Une opération, réalisée sur les fonds propre de l'entreprise, qui a également reçu le soutien de Bpifrance au titre duprogramme « Aide au Développement Deeptech » avec le soutien stratégique de France 2030 et du gouvernement français, à hauteur de 1,25 millions d'euros. La mise sur le marché de cette innovation est prévue pour 2029.
De déchets à actifs biologiques « de test »
La société, qui compte 25 salariés, récupère, « avec leur consentement et à l'issue du parcours de soin, des tissus de patients qui auraient été incinérés». Ces « résidus biologiques » (fragment tumoral, morceau de peau), servent ensuite à réaliser des tests prédictifs afin dedéterminer l'efficacité d'un principe actif, d'un médicament, etc.
Ces cellules peuvent aussi nourrir une autre expertise de la biotech, à savoir l'impression 3D assistée par ordinateur qui offre la possibilité de « reconstruire et réassembler des tissus en trois dimensions», explique le Dr Nico Forraz, co-fondateur de CTIBiotech avec le professeur Colin McGuckin. Une innovation qui permet déjà à la société de créer de la peau bio-imprimée, et désormais, des microtumeurs standardisées imitant parfaitement le micro-environnement tumoral complexe, notamment les zones hypoxiques et nécrotiques, à partir d'un fragment tumoral.
Cet outil s'avère particulièrement intéressant pour réduire le taux d'échec des essais cliniques des traitements anti-cancéreux, qui s'élève à 95% en permettant de réaliser des essais sur des modèles expérimentales fiables en phase de recherches pré-clinique. D'autant que la durée de vie de ces microtumeurs peut atteindre les 128 jours, offrant ainsi une fenêtre de recherches relativement large pour étudier la résistance aux médicaments et les métastases cancéreuses.
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