Le financement des nouveaux projets solaires et éoliens est à l’arrêt, fragilisé par les déclarations hostiles du Front national, dans la perspective de l’élection présidentielle. Plus largement, les énergies renouvelables souffrent de la publication maintes fois repoussée de la loi de programmation pluriannuelle de l’énergie, qui a fini par acter un net ralentissement.Pour les développeurs de parcs éoliens et solaires en quête de financement, les portes se ferment les unes après les autres. Après que l’État a revu les objectifs de déploiement à la baisse, l’éventualité d’une prise de pouvoir du Rassemblement national (RN) en 2027 agit comme un repoussoir. Et pour cause : le parti à la flamme maintient une position inflexible, en réclamant un moratoire pur et simple sur ces installations. L’impact est fort sur les opérations de fusions et acquisitions dans ce secteur autrefois chéri des investisseurs.
« L’échéance de 2027 est dans toutes les têtes ; de moins en moins d’acteurs se positionnent à l’achat », analyse Élodie Geffray, associée au cabinet de conseil spécialisé Alaïa Advisory. Le marché n’est plus acheteur.
Engouement généralisé dans les années post-Covid
À l’image de l’activité en capital investissement, les transactions de projets d’infrastructure à plusieurs centaines de millions d’euros ont ralenti, acheteurs et vendeurs peinant à se mettre d’accord sur un prix, dans un contexte économique où les valorisations ont baissé. Surtout, l’incertitude introduite par les déclarations du jeune premier du RN renforce le phénomène.
Le marché compte désormais de nombreux vendeurs pour un nombre restreint d’acheteurs. Avec un impact direct sur les valorisations. « Jusqu’alors, dès qu’un projet solaire ou éolien disposait de permis purgés de tout recours et d’une solution de raccordement, les acheteurs se bousculaient, anticipant les appels d’offres (AO) de l’État avec un tarif sécurisé à long terme », se souvient Élodie Geffray.