EPR de Penly : gare aux risques climatiques, alerte l’Autorité environnementale
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Vue de la centrale de Penly, telle qu'elle sera après la construction des deux réacteurs EPR.
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Vue de la centrale de Penly, telle qu'elle sera après la construction des deux réacteurs EPR.
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Montée du niveau des eaux, événements météo de forte intensité, éboulement de falaises… EDF a-t-il bien pris la mesure des risques climatiques susceptibles d’impacter les deux réacteurs EPR en passe d’être construits sur le site de la centrale de Penly en Seine-Maritime ? L’Autorité environnementale en doute. Dans un rapport détaillé rendu public en début de semaine, l’AE s’alarme d’une « prise en compte encore insuffisante du changement climatique » dans le dossier de présentation du projet qui lui a été transmis par EDF.
Les auteurs du dit rapport expliquent avoir repéré plusieurs faiblesses. Ils pointent surtout une évaluation trop lacunaire des incidences que pourraient générer les bouleversements du climat (submersions marines, surcotes dues aux tempêtes, ruissellement, instabilité des falaises, canicule…) sur la période chantier comme pendant celle de l’exploitation. « Le dossier se limite à citer les projections régionales et à conclure qu’elles n’auraient pas d’impact notable, sans analyser les vulnérabilités du projet », regrettent-ils.
Plus globalement, les rédacteurs considèrent que beaucoup des données présentées demeurent soit imprécises, soit mal documentées, rendant difficile l’appréciation de la robustesse des dispositifs censés parer à une hausse subite du niveau de la mer par exemple. Prudents, ils vont jusqu’à demander à EDF d’évaluer la probabilité de la survenue d’un « tsunami local » provoqué par l’effondrement massif d’une falaise. Et le cas échéant, de démontrer la prise en compte de ce risque.
Il est vrai que la bande côtière sur laquelle se situe la centrale de Penly est soumise à forte pression. La Manche, mer peu profonde en forme d’entonnoir, se révèle en effet propice au développement d’importantes surcotes qui accélèrent la montée des eaux et sapent la base des falaises de craie. Le géographe Stéphane Costa, un des meilleurs connaisseurs du trait de côte normand, a ainsi calculé qu’avec une élévation du niveau des mers d’un mètre « les épisodes de forts coefficients de marée devraient survenir jusqu'à 65 fois par an contre 4 à 5 fois aujourd'hui ».
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