Europe, Chine, États-Unis : comment le solaire se structure à l'échelle mondiale
latribune.fr
Antoine Issac, analyse énergie au cabinet Ember, a présenté le panorama du solaire et du stockage dans le monde en ouverture du Solar Summit, organisé par La Tribune à Bordeaux jeudi 21 mai 2026.
L'écrasante hégémonie chinoise, la résistance de l'industrie américaine et le retard européen. Le cabinet Ember a analysé les dynamiques actuelles qui structurent le développement du solaire dans le monde, en ouverture du Solar Summit, organisé par La Tribune à Bordeaux le 21 mai.
Pour la première fois en 100 ans, les énergies renouvelables ont dépassé le charbon dans le mix électrique mondial ! «75 % de la croissance de la demande mondiale d’électricité en 2025 ont été couverts par le solaire», annonce Antoine Issac, analyste énergie du cabinet Ember.
En 2025, avec une hausse de production de 30 % dans le monde, le solaire a enregistré sa plus forte croissance en huit ans.
Autre constat marquant l'an passé : la baisse du coût de stockage d'électricité s’est accélérée. Le prix des batteries a été divisé par six depuis 2016 (soit une baisse de 85 %), avec une chute de -45 % entre 2024 et 2025. «Cette dynamique du stockage devrait porter une nouvelle phase de croissance du solaire. On observe ainsi de plus en plus d'installations conjointes solaires - stockage», poursuit Antoine Issac.
Les États-Unis autosuffisants
À l’échelle des grandes régions du monde, il est à noter que le solaire pèse pour 13 % du mix électrique européen, avec un nombre de nouvelles installations stable, voire en léger déclin. «L’Union européenne accuse un retard par rapport à son objectif de 40% sur la fabrication domestique de cellules et panneaux photovoltaïques à l’horizon 2030», pointe Antoine Issac.
Aux États-Unis, les remous de la filière renouvelable s’accompagnent d’un ralentissement du solaire, alors que le secteur des batteries poursuit son essor.
«Malgré le léger déclin des capacités installées, la filière manufacturière du solaire aux États-Unis se développe pour avoir plus de capacité domestique de production. Depuis l'année dernière, l'industrie du solaire peut produire suffisamment de panneaux photovoltaïques pour couvrir la demande intérieure», relève Antoine Issac.
L'hégémonie chinoise
La Chine reste de son côté l'incontestable géant énergétique : sa production de 1 175 térawattheures (TWh) est supérieure à celle de l’ensemble des pays de l’OCDE.
«On parle d'une domination industrielle sans équivalent sur la filière du solaire et du stockage avec plus de 85 % de la chaîne d'approvisionnement du solaire et plus de 80 % pour les batteries. Actuellement, la Chine est en capacité de produire le double de la demande mondiale de panneaux photovoltaïques», ponctue l’analyste.
Malgré les barrières commerciales introduites par les États-Unis et dans une moindre mesure l’Europe, les exportations chinoises de panneaux photovoltaïques continuent d'augmenter, représentant 68 gigawatts (GW) en mars 2026, un record. « En rythme de croisière, la Chine exporte l'équivalent d'une France solaire chaque mois », remarque Antoine Issac.
Quant aux économies émergentes, les pays comme l'Inde, les Philippines, le Mexique représentent un nouveau moteur de croissance du solaire et du stockage dans le monde, poussés par la recherche d’une énergie compétitive et moins polluante.
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«La crise énergétique va accélérer dans le monde les installations de renouvelable, de stockage puisque le solaire et les batteries apparaissent comme un instrument de la sécurité et de la souveraineté énergétique», prédit Antoine Issac.