L’annonce de la fin du projet de gigafactory à Fos-sur-mer ne secoue pas que le secteur du solaire. Elle illustre aussi comment la volonté de souveraineté industrielle se heurte à des réalités de marché.La fin du projet Carbon est une déflagration qui cueille tout le secteur solaire et, bien au-delà, celui de l’industrie décarbonée. Prévue pour s’installer à Fos-sur-mer sur 45 hectares dont 290 000 m2 d’unités industrielles, cette gigafactory, née en 2022 et portée par un consortium originaire de Lyon, a longtemps porté les espoirs tricolores d’une souveraineté photovoltaïque, appelée alors des vœux du monde industriel comme de l’Etat, la crise sanitaire ayant joué un cruel rappel des limites de la mondialisation et provoqué une prise de conscience du besoin d’avoir des réponses domestiques ou, a minima, européenne.
C’est alors l’époque des plans dédiés à la réindustrialisation, de la bagarre entre territoires pour attirer des projets conséquents…
L’arrivée de Carbon à proximité de l’une des zones les plus polluées de France replace aussi le Sud comme une terre d’industrie verte. Fos-sur-mer, jusqu’alors tournée vers la chimie et la pétrochimie, entame sa transition à grande vitesse. Car dans le sillage de Carbon, qui promet 3 000 emplois directs et une production de 12 millions d’unités par an, d’autres projets d’industrie verte suivront.
La souveraineté, un chemin semé d’embûches…
Mais le chemin qui mène à la souveraineté solaire n’est pas un long fleuve tranquille. Soutenu notamment par la Région Sud et son agence de développement économique et d’attractivité, Rising Sud – y compris financièrement, à hauteur de 1,5 million d’euros - Carbon va aussi rapidement être confronté à quelques embûches.