Les exportations de voitures électriques ont augmenté de 100 % en mars, sur un an, d'après la Fédération chinoise des constructeurs de voitures individuelles (CPCA).
Après un début d'année record, le commerce extérieur chinois accuse le coup. En mars, les exportations n'ont progressé que de 2,5 % sur un an, pénalisées par les tensions géopolitiques en Iran. Mais Pékin profite du conflit pour exporter massivement ses voitures électriques, éoliennes et autres panneaux solaires.
Les informations à retenir
Quels secteurs tirent encore la croissance de Pékin ?
Les voitures électriques affichent une santé insolente avec une hausse de 100% des exportations en mars, soit 180 000 véhicules.
La demande mondiale pour les semi-conducteurs liés à l'IA et les technologies vertes (solaire, éolien) reste un moteur solide pour 2026.
Le mix énergétique chinois, axé sur le charbon et le renouvelable, protège partiellement le pays du choc pétrolier mondial.
Coup de frein sur le commerce mondial chinois. Les exportations n’ont progressé que de 2,5 % au mois de mars, selon les chiffres des douanes chinoises. Des résultats inférieurs aux prévisions des analystes et qui sont surtout très éloignés des sommets atteints en début d’année. Sur les deux premiers mois cumulés de l’année, les exportations avaient progressé de plus de 20 % sur un an.
Cette baisse est imputable en partie au contexte géopolitique mondial. Le blocage du détroit d’Ormuz et la hausse des prix de l’énergie affectent l'économie mondiale.
« Les exportations chinoises ont été mises à rude épreuve, la guerre en Iran commençant à peser sur la demande mondiale et les chaînes d'approvisionnement », écrit sur LinkedIn Gary Ng, économiste chez Natixis.
Mais d’autres variables sont responsables de cette baisse. Le Nouvel An chinois, mi-février, a pu, dans une certaine mesure, perturber les exportations en raison des vacances. « Même si la fermeture de cette voie maritime a sûrement eu un effet, l’essentiel de cette décélération peut s’expliquer, d’une part, par un effet saisonnier, avec les festivités du Nouvel An chinois qui ont eu lieu plus tardivement, et surtout par l’effet de base de la très forte hausse des exportations l’année dernière, en anticipation des hausses tarifaires américaines », complète également dans une note Sebastian Paris Horvitz de la Banque postale Asset Management (AM).
Vers les États-Unis, les exportations ont d’ailleurs chuté de manière significative, de plus de 26 % sur un an, en grande partie à cause des droits de douane américains du président Donald Trump sur les produits chinois. En contrepartie, la Chine s’est tournée vers d’autres marchés, notamment l’Union européenne, qui a vu une progression de 8,6 % des exportations chinoises, et l’Asie du Sud-Est qui a enregistré une hausse de 6,9 %.
Une demande pour les produits technologiques
Néanmoins, la crainte sur l’approvisionnement en gaz et en pétrole pourrait surtout profiter à Pékin. Selon les économistes de Bank of America, la Chine devrait exporter davantage de panneaux solaires et d’éoliennes, des technologies qu’elle produit en masse.
Concernant les voitures électriques, les exportations ont continué de croître. Elles ont d’ailleurs augmenté de 100 % en mars, sur un an, d’après la Fédération chinoise des constructeurs de voitures individuelles (CPCA). Ce qui représente plus de 180 000 voitures électriques.
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Par ailleurs, les exportations de biens technologiques, notamment de semi-conducteurs, ont porté le commerce mondial chinois depuis le début de l’année, avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA). Un engouement qui devrait se prolonger tout au long de 2026.
« Malgré le choc des prix de l'énergie, les exportations devraient rester solides au cours des prochains trimestres, grâce à une forte demande de semi-conducteurs et de technologies vertes » résume ainsi dans une note Zichun Huang, économiste chez Capital Economics, rapporte l'agence de presse AP.
La Chine a aussi été moins touchée par les problèmes d’approvisionnement en pétrole et la hausse des prix des carburants. Un atout conféré par ses réserves pétrolières mais aussi son mix énergétique. Si le pays repose en grande partie sur ses centrales à charbon, il a massivement investi dans les énergies renouvelables.
Une croissance toujours tirée par les exportations
Si Pékin a vu une décélération de ses exportations le mois dernier, elle a connu une accélération du côté de ses importations. Elles ont augmenté de plus de 27 % sur un an. « Cela est dû en grande partie à la montée des importations de matières premières, notamment énergétiques. Les fortes hausses des prix ont évidemment aussi joué. Aussi, les importations de biens technologiques ont également monté, avec ici encore des effets de prix », commente Sebastian Paris Horvitz de la Banque postale AM.
« Mais cette hausse n'est pas tirée par la demande. Il est donc difficile de dire pour l'instant si les données sur les importations reflètent un rebond significatif de la demande intérieure », ajoute Gary Ng de Natixis.
La croissance chinoise repose sur ses exportations. Pékin souhaite toutefois qu’elle soit davantage tirée par sa consommation intérieure. Mais la crise de l’immobilier qui dure depuis quelques années pèse sur le pouvoir d’achat des ménages.
La Chine doit publier son PIB pour le premier trimestre jeudi. Pékin a fixé un objectif annuel de croissance de 4,5 à 5 %, le plus bas depuis plus d’une trentaine d’années.