Pour l'élu du Haut-Rhin, l'électrification des 50 plus gros sites industriels tricolore relève de la « haute couture » tandis que la décarbonation des plus petits sites industriels peut largement être standardisée.Électrifier les 50 plus gros sites industriels nécessite un pilotage étatique fort avec la création d’usines pilotes à l’initiative du gouvernement, notamment pour la production d’acier, d’engrais et de ciment. Telle est la conviction du député Raphaël Schellenberger (Haut-Rhin), qui a remis hier au ministre de l'Economie, Roland Lescure, un rapport intermédiaire sur l'identification et la levée des freins à l’électrification de l’industrie. Une mission qui lui avait été confiée tout début janvier, bien avant le début de la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix des hydrocarbures importés, qui représentent 60% de la consommation énergétique française.
Sans pilotage fort de l’État, pas d’acier primaire décarboné en France
La remise de ce rapport de mi-parcours intervient alors que le gouvernement doit présenter très prochainement son plan d’électrification pour réduire la dépendance de la France au pétrole et au gaz, sans qu'une date ne soit encore confirmée. En attendant, l'entreprise publique EDF, qui célèbre ses 80 ans aujourd'hui, a annoncé mobiliser 240 millions d'euros pour accélérer l'électrification du pays. Le dispositif comprend notamment un volet destiner à attirer de nouveaux industriels sur le territoire français en proposant des sites clefs en main, comprenant notamment le raccordement au réseau électrique. Les dispositions que porte Raphaël Schellenberger sont, elles, dédiées aux industriels déjà établis dans l'Hexagone. Elles ne porteront pas leur fruit dans l’immédiat. « Mais les décisions doivent être prises maintenant pour se matérialiser d’ici deux ans », juge le parlementaire.