Placé en redressement judiciaire depuis le 25 septembre dernier, le sous-traitant industriel ACI Groupe (150 millions d’euros de CA) entre dans une nouvelle étape. Les administrateurs judiciaires nommés par le tribunal de Lyon prennent désormais la main sur le pilotage du groupe. Un manager de transition va être nommé.Le délibéré vient d’être rendu ce vendredi : le tribunal des activités économiques de Lyon accède à la demande des administrateurs judiciaires en charge du redressement judiciaire de la holding ACI Groupe, Gaël Couturier et Ludivine Sapin : ils passent désormais sur ce qu’on appelle « la mission 3 », c'est-à-dire la mission de représentation qui correspond à la phase ultime de la prise en main d’une entreprise par un administrateur judiciaire. Ceux-ci peuvent désormais prendre l’ensemble des décisions concernant la holding, en lieu et place de son président, Philippe Rivière, et de son board. Un manager de transition va être nommé dès la semaine prochaine.
Selon le délibéré, les administrateurs judiciaires en charge du dossier ont notamment justifié leur demande d'élargissement de leur mission par le fait qu'ils ne disposaient pas « d'élément permettant de connaitre de manière fiable la situation actuelle de l'entreprise », ni de prévisionnel d'exploitation et de trésorerie. « Cette situation d'ensemble conduit à constater qu'il y a un problème de gouvernance dans ce groupe».
Pourtant, à la veille de l’audience qui s’est tenue mardi dernier, Philippe Rivière semblait plutôt confiant. « Une mission 3, c’est exceptionnel. Nous allons apporter des éléments solides montrant que l’ensemble des associés souhaitent sortir par le haut de cette crise », expliquait ainsi à La Tribune le président du groupe. Il n’a donc pas eu gain de cause.
Joint ce vendredi, il réfute toutefois perdre la main sur la direction de son groupe. « Je reste président et nous allons diriger l'entreprise main dans la main avec les administrateurs et le nouveau manager de transition . Nous avons tous le même objectif : que le groupe et les emplois soient sauvés. Le démarrage de cette procédure a été catastrophique car très soudain, il était impossible de présenter tous les documents demandés en si peu de temps. Les choses ont évolué depuis». Et d'assurer qu'une communication conjointe en ce sens devrait être faite dans les prochains jours.