Automobile : Stellantis veut se concentrer sur ses marques Peugeot, Fiat, Jeep et Ram
latribune.fr
Le PDG de Stellantis, Antonio Filosa, pose à côté d'une Jeep Cherokee au Salon de l'auto de Detroit, le 14 janvier 2026.
Sonia Cheema - REUTERS - Rebecca Cook
Le constructeur automobile tente de regagner des parts de marché aux États-Unis et en Europe et fait face à la concurrence des acteurs chinois sur le continent européen et sur les marchés émergents.
Choix stratégique. Selon les informations de l'agence Reuters, le géant de l'automobile Stellantis entend consacrer la majorité de ses investissements futurs à ses marques Peugeot, Fiat, Jeep et Ram. Et ce, dans le cadre du plan stratégique que doit présenter en mai le directeur général Antonio Filosa, qui évoque une « hausse significative » des financements alloués à ces quatre blasons phares.
Le quatrième groupe automobile mondial en termes de ventes dévoilera le 21 mai, lors d’un événement à Détroit, sa stratégie à long terme qui entend mettre l’accent sur ses marques internationales les plus populaires et les plus rentables.
Les autres marques de Stellantis, dont Citroën, Opel et Alfa Romeo, bénéficieront de financements pour développer des modèles sur la base de la technologie utilisée pour les quatre marques phares, ont précisé les sources.
Les marques avec les plus faibles volumes, qui bénéficiaient auparavant d’une part plus égale des investissements internes, deviendront des entités régionales ou nationales sur des marchés spécifiques où elles sont déjà bien implantées, ou bien où elles présentent un fort potentiel, ont ajouté les sources.
Faire à la concurrence rude de la Chine
Depuis la fusion en 2021 entre PSA et FCA, Stellantis dispose du plus important portefeuille de l’industrie automobile, avec pas moins de 14 marques. Le groupe, qui tente de regagner des parts de marché aux États-Unis et en Europe, fait aussi face à la concurrence des acteurs chinois sur le continent européen et sur les marchés émergents.
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Il a accusé en 2025 une perte nette de 22,3 milliards d’euros, liée à des charges exceptionnelles de 25,4 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année pour avoir notamment surestimé la vitesse de transition vers l’électrique. La refonte stratégique de Stellantis est soutenue par les actionnaires principaux du groupe, dont la société d’investissement Exor, ont indiqué trois sources.
Auprès de Reuters, Stellantis a affirmé que ses marques constituaient sa force et souligné son alliance entre « envergure mondiale et ancrage local », sans commenter directement le projet de réorganisation.
Supprimer certaines marques ?
Plombée par les difficultés du groupe, la valorisation boursière de Stellantis a chuté pour s’établir à 21 milliards d’euros, soit à peine plus que la capitalisation de la start-up Rivian spécialisée dans l’électrique et moitié moins que celle de Volkswagen.
Certains analystes et investisseurs ont suggéré que Stellantis supprime certaines marques, qui ont tendance à se cannibaliser notamment en Europe, afin de réduire les coûts et d’accroître l’efficacité opérationnelle. Des noms comme Lancia, DS, Citroën ou Opel ont été évoqués.
Mais Antonio Filosa, qui a repris les rênes du groupe l’an dernier après le départ fracassant de Carlos Tavares, ne souhaite pas supprimer des marques pour lesquelles il perçoit un potentiel sur certains marchés régionaux ou nationaux importants, ont indiqué quatre sources.
« Certaines de ces marques pourraient s’avérer utiles au groupe à l’avenir, si les conditions de marché évoluent », pointe Marco Santino, associé du cabinet de conseil Oliver Wyman. Il souligne que l’histoire de l’automobile montre qu’une fois une marque de voiture interrompue, il est « très difficile de la relancer ».