Cuivre à 10 600 dollars : pourquoi BHP abandonne Anglo American
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Le renoncement de BHP apparaît comme une décision de discipline financière face à un marché en surchauffe.
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BHP, la plus grande société minière du monde, a finalement renoncé à son offre publique d'achat sur Anglo American. Le groupe avait pourtant tenté de forcer le destin en revenant à la charge après l'annonce par sa cible d'une intention d'acquérir l'entreprise canadienne Teck Resources. Ce rapprochement entre Anglo et Teck, désormais débarrassé de l'interférence de BHP, a pour vocation de donner naissance à un géant de l'extraction valorisé à 50 milliards de dollars. Si la bataille boursière s'achève, elle laisse place à une interrogation plus profonde sur l'état réel du marché du cuivre.
Les cours du cuivre à la Bourse des métaux de Londres ont récemment franchi la barre des 10 600 dollars la tonne, un niveau inédit depuis dix-huit mois. Cette flambée est difficilement lisible. Surnommé Docteur Cuivre pour sa capacité supposée à diagnostiquer la santé de l'économie mondiale, le métal ne devrait pas afficher une telle vigueur dans un contexte macroéconomique mondial résilient mais sans éclat. L'explication de ce paradoxe ne réside plus dans les fondamentaux industriels, mais dans une série de distorsions politiques et financières qui brouillent la lecture du marché.
La première cause de cette fièvre des prix se trouve à Washington. La politique commerciale agressive de Donald Trump continue de produire des effets massifs sur les flux mondiaux. L'imposition d'un droit de douane de 50 % sur les importations américaines de métal a créé une opportunité d'arbitrage irrésistible pour les négociants. Ces barrières ont provoqué un écart de prix significatif entre Londres et New York, incitant les acteurs du marché à déplacer physiquement leurs stocks vers les États-Unis pour profiter de la prime.
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