France : stop ou encore pour le système de combat aérien du futur (SCAF) ?
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Un modèle de SCAF exposé au Salon du Bourget le 19 juin 2023.
REUTERS/Benoit Tessier
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Un modèle de SCAF exposé au Salon du Bourget le 19 juin 2023.
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Ces prochaines semaines vont être cruciales pour la poursuite du programme SCAF (système de combat aérien du futur) dans sa configuration actuelle. Les tensions récurrentes entre Dassault Aviation et Airbus, les deux industriels qui pilotent ce programme majeur pour l’Europe, pourraient très rapidement faire dérailler ce projet franco-allemand lancé sur le plan industriel en 2018 et qui avait été rejoint par l’Espagne en 2019. Ces dernières semaines, l’avionneur français a particulièrement agacé Berlin, qui envisage de poursuivre le programme mais sans Paris, et notamment Dassault Aviation.
La balle est désormais dans le camp de la France, qui est actuellement en plein marasme politique et a d’autres problèmes majeurs à régler. Toutefois, la situation presque désespérée sur le SCAF a provoqué un sursaut à Paris : le ministère des Armées s’est fendu en plein week-end d’un communiqué pour affirmer que « la France, l’Allemagne, l’Espagne et les équipes industrielles sont pleinement mobilisées pour préparer la phase 2, qui prévoit notamment la réalisation du démonstrateur de l’avion de combat qui constitue l’un des éléments du système de combat du futur ». C’est dire si l’heure est grave… « C’est bien que le ministère des Armées remette l’église au milieu du village », explique-t-on à La Tribune.
Le ministère des Armées, qui n’a d’ailleurs plus de ministre (Sébastien Lecornu poursuivant désormais sa trajectoire messmérienne à Matignon) se dit « pleinement investi avec ses homologues allemand et espagnol pour aboutir à une solution mutuellement acceptable d’ici la fin de l’année ». Mais comment parvenir à dénouer positivement une situation presque désespérée ? Les deux présidents - Guillaume Faury (Airbus), qui représente les intérêts de l’Allemagne et de l’Espagne, et Éric Trappier (Dassault Aviation) - doivent absolument se parler pour tenter de trouver des compromis en vue de relancer ce programme en souffrance depuis plusieurs mois. Et seul Emmanuel Macron, qui avait lancé en juillet 2017 avec Angela Merkel de nombreux projets en coopération dans le domaine de l’armement, dont le SCAF, semble avoir suffisamment d’autorité pour réunir les deux présidents autour d’une table.