28 km de réseau, 96 millions d'euros, 15 000 logements chauffés par géothermie profonde : le préfet Marc Guillaume a inauguré mi-octobre le forage de Châtenay-Malabry tout en dressant le bilan du Fonds Chaleur en Île-de-France. Depuis 2009, 480 projets soutenus pour 650 millions d'euros d'aides, 820 km de réseaux créés. La région devient ainsi la deuxième puissance géothermique européenne.
La foreuse s'enfonce à 2 000 mètres sous terre, cherchant l'eau chaude du Dogger, nappe géologique qui sommeille depuis des millions d'années sous l'Île-de-France. Marc Guillaume, préfet de région, visite ce chantier titanesque : 96 millions d'euros investis pour extraire une chaleur gratuite, inépuisable, décarbonée. Objectif : chauffer 15 000 logements via 28 km de réseau. La géothermie sort de l'ombre, littéralement.
650 millions d'aides depuis 2009
Le préfet a profité de cette visite pour dresser le bilan du Fonds Chaleur, dispositif créé en 2009 par l'ADEME pour financer la chaleur renouvelable. En Île-de-France 480 projets sont soutenus, 650 millions d'euros d'aides débloquées, dont 91,7 millions rien qu'en 2025. Le résultat ? 820 km de réseaux de chaleur construits, alimentés par géothermie, biomasse, récupération d'énergie industrielle. Si le maillage est invisible, il chauffe des centaines de milliers de logements sans brûler de gaz ni de fioul.
L'Île-de-France est la première région française et la deuxième européenne en géothermie profonde ; un leadership hérité de décennies de R&D : le sous-sol francilien recèle un trésor thermique exploité depuis les années 1970. Aujourd'hui, la mission commando géothermie pilotée par l'ADEME accélère le déploiement. Le budget national 2025 du Fonds Chaleur s'élève à 800 millions d'euros, stable par rapport à 2024. Mais les règles changent. C'est la fin des petites extensions de réseaux, de ma révision des aides biomasse, et la priorité absolue est donnée à la géothermie.
Châtenay ouvre la voie
Le chantier de Châtenay illustre cette bascule. 96 millions d'euros, c'est colossal pour une commune de banlieue. Mais l'investissement se rentabilisera sur 30 ans, protégeant 15 000 foyers des fluctuations du prix du gaz. Le doublet géothermique – deux puits, un pour pomper l'eau chaude, l'autre pour la réinjecter – fonctionne en circuit fermé. Zéro émission, zéro importation, zéro dépendance. Juste la Terre qui offre sa chaleur.
D'autres communes altoséquanaises observent. Si Châtenay réussit, Boulogne, Issy, Clamart suivront. Le sous-sol des Hauts-de-Seine deviendait un gisement énergétique stratégique, exploité par les foreuses et les ingénieurs plutôt que par les puits de pétrole. En somme, une révolution silencieuse s'opère... à 2 000 mètres sous nos pieds.
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