Gennevilliers : 53 millions pour la plus grande unité de biométhanisation urbaine de France

Pose de la première pière du méthaniseur de Gennevilliers
Crédit © SCHATZLE-WEITLING ARCHITECTURE et DAUM ARCHITECTES

Pose de la première pière du méthaniseur de Gennevilliers
Crédit © SCHATZLE-WEITLING ARCHITECTURE et DAUM ARCHITECTES
Le port de Gennevilliers accueillera en 2027 la plus grande unité de biométhanisation urbaine de France. Portée par le Syctom (traitement des déchets de 5,7 millions de Franciliens), le Sigeif (autorité concédante de gaz) et l'opérateur Paprec, l'installation traitera 50 000 tonnes de déchets alimentaires annuels collectés auprès des ménages, cantines et marchés franciliens. Un investissement de 53 millions d'euros soutenu par région Île-de-France, Métropole du Grand Paris et ADEME qui transforme contrainte réglementaire en opportunité économique.
La production annuelle atteindra 25 000 MWh de biométhane injecté dans le réseau GRDF, équivalent à la consommation de 5 000 logements. Parallèlement, 43 000 tonnes de digestat – fertilisant naturel – remplaceront les engrais chimiques sur plus de 2 000 hectares de terres agricoles. Ce sous-produit sera acheminé par voie fluviale et confié à la coopérative Nat Up, valorisant l'axe Seine comme corridor logistique décarboné.
Le processus innovant repose sur une mise en suspension liquide des biodéchets optimisant la séparation des indésirables (plastiques, textiles) et assurant la qualité du biogaz et du digestat. L'énergie du site provient du biométhane produit, la gestion des eaux fonctionne en boucle fermée sans rejet. Le transport fluvial évacue les sous-produits, évitant les camions et les émissions routières.
L'unité répond à l'obligation réglementaire de tri des biodéchets à la source depuis 2024. Les collectivités franciliennes, confrontées à cette contrainte, trouvent ici un débouché local pour leurs flux organiques. Cette proximité réduit les coûts de transport et l’empreinte carbone.