OPINION. « Municipales 2026 : l'alternance dans les grandes métropoles, oui, mais pas sans écologie ! »
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Yann Wehrling
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Par Yann Wehrling, Vice-président de la Région Île-de-France à la transition écologique, Ancien ambassadeur de France à l'environnement et Président du mouvement politique « Écologie Positive »
La situation dans ces villes présente des constantes qui menacent objectivement la continuité : carence manifeste de gestion du quotidien, remplacée par des effets de communication idéologiques et déconnectés du réel.
Concrètement ? L'insécurité gangrène jusqu'aux centres-villes. Pendant que la police nationale tente d'agir, ces municipalités tergiversent, paralysées par leurs contradictions. Grenoble, Strasbourg, Nantes, Rennes, Paris, Marseille font régulièrement la une pour leur insécurité.
La crise du logement est un désastre programmé. À Paris, à force de miser à 100% sur du logement très social en proportion déraisonnable, la mairie a chassé les classes moyennes : 6% de population en moins en dix ans. Une ville qui se vide n'est plus vivante, elle meurt.
La qualité de vie quotidienne s'effondre : rues sales, chantiers anarchiques, chaussées défoncées, esthétique sacrifiée. La guerre permanente entre cyclistes, automobilistes et piétons transforme nos villes en champs de bataille où le vivre-ensemble s'effrite.
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Les visions économiques n'existent pas. Pire : nombre d'élus se revendiquent anticapitalistes. À Rennes, on expulse Safran par idéologie. Dogme anti-business, dépense publique sans limite : l'attractivité s'érode, les budgets explosent, les impôts montent. Nos voisins européens nous dépassent.
Sans parler des dérives communautaristes à Strasbourg ou Grenoble.
Ces bilans justifient un changement que les sondages annoncent possible. Mais attention : la tentation sera grande de penser qu'il faut faire de l'anti-écologie pour battre EELV. Ce serait une erreur stratégique majeure.
Dans ces villes, les habitants veulent respirer un air pur, se déplacer autrement, manger mieux, vivre dans une ville verte. Ils ne veulent pas revenir en arrière.
Végétaliser, protéger les arbres, piétonniser, nourrir nos enfants avec du bio, décarboner les transports, améliorer le tri : tout cela doit continuer, s'amplifier même.
Mais autrement. Avec pragmatisme, sans arrogance, sans idéologie, sans punir, sans diviser. L'écologie n'a pas besoin d'être autoritaire pour être efficace. Elle doit séduire et rassembler. Elle peut redevenir consensuelle.
Prenons la circulation : oui, l'air s'améliore. Mais la guerre à la voiture ne justifie pas l'anarchie. Paris, par exemple, reste saturée, bloquée, bruyante. D'autres métropoles ont apaisé leurs centres en combinant écologie, innovation et dialogue.
Repensons la mobilité sans dogme : parkings souterrains et relais, carrefours sécurisés pour cyclistes, entretien des rues. Se préoccuper des nids d'oiseaux, oui, mais s'occuper des nids de poule aussi.
Rétablissons une règle commune : le code de la route pour tous. Nos villes ont besoin d'agents de circulation visibles, présents, respectés. C'est une question de civilité.
Pour la végétalisation : plantons massivement, préservons nos arbres centenaires. L'adaptation au changement climatique doit être une priorité absolue, pas un slogan.
L'économie circulaire, oui, sans oublier les bases : faciliter le tri, rendre nos rues propres.
Les habitants de nos métropoles veulent moins d'insécurité, plus de propreté, moins d'anarchie, une dépense maîtrisée. Mais ils refuseront toute alternance qui tournerait le dos à la transition écologique.
L'alternance, oui. Mais pas sans écologie.
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