Les informations à retenir
Après avoir vendu cet été son activité européenne dédiée aux roulements, l’équipementier automobile japonais Jtekt, filiale de Toyota, recule encore d’un pas en Europe. Il veut désormais s’alléger de son activité « colonnes de direction », alléguant d’un recul du marché européen, matérialisé notamment par les difficultés de Stellantis ou Volkswagen.
« Le Groupe a lancé une étude sur la faisabilité d’une éventuelle cession de tout ou partie de sa base industrielle européenne pour les activités automobiles. (…) Si l’hypothèse de cette éventuelle cession de nos activités industrielles venait à se concrétiser, ce serait une réelle opportunité pour ces entités de prendre un nouveau départ », écrivait il y a quelques jours, Mitsuki Toyohara, président de Jtekt European Operations, aux quelques 3.000 salariés de la division européenne de l’équipementier automobile japonais Jtekt (filiale de Toyota), dans un courrier dont La Tribune a pu prendre connaissance.
Déficit structurel en Europe, selon Jtekt
Une manière de présenter la situation aux collaborateurs des usines Jtekt, implantées en Tchéquie, en Angleterre, au Maroc et surtout en France, où sont situés près de la moitié des effectifs européens de Jtekt affectés à l’automobile (800 personnes à Lyon, entre le siège social Europe, la R&D et la production, et 500 à Dijon).
Pour ceux-ci, plus particulièrement, l’annonce fait l’effet d’une douche froide. Ils pensaient en effet pouvoir souffler quelques mois à la suite du Plan de Sauvegarde de l’Emploi, présenté aux représentants du personnel au printemps dernier pour 197 postes répartis entre les deux sites. Jtekt Europe expliquait alors que l’ambition de ce PSE était « d’optimiser l’activité de production et de restaurer la compétitivité à moyen et long terme de l’entreprise en France ».
L’actionnaire japonais n’aura finalement pas laissé le temps au management français et européen de faire ses preuves dans cette réorganisation, puisque les premiers départs n’ont pas encore vraiment démarré, que l’étape d’après est déjà sur la table. Ce PSE semble pourtant évoluer positivement puisque selon nos informations, il serait finalement ramené à 190 du fait du nombre plus important de personnes (70 au total) ayant demandé à quitter l’entreprise volontairement (création d’entreprise, préretraite), armés par les accompagnements financiers et logistiques sérieux mis en place par le groupe.