Alors que l'entreprise d'Elon Musk affiche des pertes colossales, son introduction en bourse a battu tous les records.
Impossible de ne pas évoquer l’événement majeur qui a marqué les marchés financiers cette semaine mais qui va rester dans les annales boursières à plusieurs titres. L’introduction en Bourse de SpaceX est l’opération financière de tous les records. De tous les temps. Et peut-être même de toutes les exagérations.
La taille de l’opération de levée de capitaux
Plus de 80 milliards de dollars. Un montant stratosphérique quand on sait que le précédent record date de 2019 avec une levée de 26 milliards de dollars pour le groupe pétrolier saoudien Aramco.
La valorisation
Près de 1.800 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires 2025 de 18,7 milliards de dollars et… une perte de 4,9 milliards de dollars. Près de cent fois le chiffre d’affaires. Il fallait oser.
La part des actionnaires individuels
Elon Musk est intelligent, c’est peu de le dire. Pour créer le buzz, il avait besoin d’un engouement du grand public. Il a exigé qu’une large partie de l’opération, plus de 25 % de la levée, soit attribuée aux actionnaires individuels alors que la norme est plutôt de 5 à 10 %.
L’amplitude de la progression des premiers jours de cotation
20 % environ par jour, c’est déjà beaucoup. Mais 20 % de 2.000 milliards de dollars, c’est… 400 milliards, soit plus que la capitalisation de LVMH pour la fluctuation d’une seule journée. Et enfin, la fortune d’Elon Musk, qui détient encore 13 % de Tesla et 42 % de Space X, entre autres participations. On a même dû utiliser un nouveau mot pour le désigner : trillionnaire. L’introduction en Bourse de SpaceX est donc l’opération de tous les records.
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Une question se pose. Est-ce seulement une opération spectaculaire ou est-ce une introduction qu’on évoquera dans quelques années comme le symbole d’une bulle boursière qui ne pouvait qu’éclater ? Comme le rachat de Time Warner par AOL en janvier 2000 pour 165 milliards de dollars, alors qu’AOL atteignait à peine les 5 milliards de chiffre d’affaires. On connaît la suite.