Une histoire d'amour déchirante dans « Seuls les rebelles », le nouveau film de José Mari Goenaga et Aitor Arregi, la deuxième partie de la bataille de Gaulle... Découvrez notre sélection de films à voir la semaine du 22 juin 2026.
Un amour divisé (4⭐️/5)
Un carton l’indique d’entrée de jeu : Seuls les rebelles, le film écrit et réalisé par Danielle Arbid, aurait dû être tourné à Beyrouth mais la situation locale en a décidé autrement. Le tournage a ainsi été rapatrié en France et en studio. De telles conditions ne sont pas innocentes et le film a dû s’adapter visuellement à ces contraintes.
Mais l’essentiel est préservé : une magnifique et déchirante histoire d’amour entre Suzanne, une veuve sexagénaire (l’actrice palestinienne Hiam Abbass), et Osmane, un migrant soudanais d’une vingtaine d’années (Amine Benrachid).
Une relation que voit d’un très mauvais œil la société libanaise conservatrice dans laquelle évolue Suzanne. Le film observe ainsi avec beaucoup de pertinence et d’acuité le système d’oppositions qui semble régir la société libanaise et sa haine de l’autre : hommes et femmes, migrants et racistes, ouvriers et patrons, autant de fractures et de divisions. Le tout dans un environnement quotidien occupé par des écrans de télévision, reflets de l’air du temps, qui déversent des flots d’images macabres et brutales.
Seuls les rebelles de Danielle Arbid, avec Hiam Abbass, Amine Benrachid, Shaden Fakih. 1h38. Sortie le mercredi 24 juin.
Retour en arrière (3,5⭐️/5)
Maspalomas, c’est là que vit depuis 25 ans Vicente, protagoniste du film de José Mari Goenaga et Aitor Arregi, dans cette station balnéaire des Canaries qui lui donne son titre. Ce retraité homosexuel y coule des jours paisibles et heureux jusqu’au moment où, victime d’une crise, il est contraint par sa fille de revenir au Pays basque dans une maison de repos.
Loin de sa vie sans entraves, il redécouvre l’hypocrisie sociale et la dissimulation forcée. Fantômes du franquisme, homophobie parfois latente, parfois intériorisée, virilisme et difficultés de communication intrafamiliales, le film décrit avec habileté, et malgré un certain académisme, les différentes failles auxquelles se trouve confronté le vieil homme. Jose Ramón Soroiz incarne avec justesse une drôle d’éducation sentimentale à rebours, un ultime parcours en forme de bilan qui interroge la masculinité et le vieillissement.
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Maspalomas d’Aitor Arregi et José Mari Goenaga, avec José Ramón Soroiz, Nagore Aranburu, Kandido Uranga, Kepa Errasti. 1h55. Sortie le mercredi 24 juin.
De Gaulle, l’aventure continue (4⭐️/5)
Le second volet de l’épopée gaullienne réalisée par Antonin Baudry arrive sur les écrans avec une semaine d’avance, et elle ne manque pas de souffle : après la période « londonienne », La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom se déroule entre 1942 et 1944 et mêle avec toujours autant de brio la grande histoire au grand spectacle. Dans une mise en scène tout en tension entretenue, on passe des négociations politiques aux batailles militaires impressionnantes, sans négliger le déploiement parallèle, en France, de la Résistance (avec un Félix Kysyl d’une très grande justesse en Jean Moulin) et le rôle des femmes en son sein (parfaite Anamaria Vartolomei).
La relation de Gaulle-Churchill, développée dans le premier opus, laisse ici la place à celle, houleuse, entre le Général (Simon Abkarian, toujours habité) et le président américain Roosevelt, à travers sa lutte sans faille contre son rival le général Giraud (Thierry Lhermitte, impeccable), soutenu par les États-Unis.
À l’image de la mémorable bataille de Bir Hakeim menée par le général Kœnig dans le premier épisode, ce second volet en offre plusieurs, toutes aussi saisissantes, dans le désert africain, emmenées cette fois-ci par le général Leclerc (Niels Schneider, admirable), aussi déterminé que stratège dans sa fidélité à de Gaulle. Un souffle qui ne faiblit pas jusqu’à la libération de Paris et qui mériterait amplement de relancer le nombre d’entrées du premier volet, honorable mais décevant pour une production aussi importante.
La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom d’Antonin Baudry, avec Simon Abkarian, Niels Schneider, Thierry Lhermitte, Anamaria Vartolomei, Félix Kysyl, Karim Leklou. 2h40. Sortie vendredi 26 juin.