Cinq mois de travaux, 234 personnes interrogées et près de deux cents heures de discussions dans un climat souvent électrique. « On a des salariés au sein de la maison qui ont été traumatisés par cette commission d’enquête, assure Christophe Tardieu, secrétaire général de France Télévisions. Des noms ont été jetés en pâture et, malheureusement, le rapporteur était plus attentif à poser les questions qu’à écouter les réponses… »
Même son de cloche du côté de Radio France : « Les discours négatifs et hostiles au service public se sont débridés, déplore-t-on dans les couloirs de la maison ronde. Depuis janvier, il y a eu sur le terrain cinq agressions de journalistes. » L’intéressé, le député ciottiste et rapporteur de la commission Charles Alloncle, balaie les critiques : « Une commission d’enquête, ce n’est pas une mission d’information ou une table ronde, j’assume d’avoir été insistant. »
Il explique se concentrer désormais sur l’écriture du très attendu rapport. Celui-ci sera consultable par la trentaine de membres de la commission jeudi 23, vendredi 24 et le lundi 27 avril au matin dans une pièce spécifique – les smartphones étant interdits – avant un vote dans l’après-midi.
Conflits d’intérêts, production privée et exigences de neutralité au cœur du rapport
Au menu : près de 400 pages et une quarantaine de recommandations, dont très peu nécessitent un véhicule législatif. Avec, a priori, rien sur une éventuelle privatisation du service public audiovisuel, ni sur une fusion des sociétés. « Quand la commission a débuté, en octobre, Rachida Dati était encore ministre de la Culture et la holding était sa marotte, ça semble déjà si loin », rappelle en persiflant un observateur.