Emmanuel Macron est attendu à Damas pour une visite historique qui ferait de lui le premier chef d'État occidental à se rendre en Syrie depuis la chute de Bachar el-Assad. Entre sécurité, reconstruction, minorités et relance des relations diplomatiques, ce déplacement marque une nouvelle étape dans les relations entre Paris et les nouvelles autorités syriennes.L’Élysée refuse de le confirmer, mais le président français est bien attendu à Damas ces jours-ci, peut-être même dès demain. Il s’envolerait ensuite pour Ankara, en Turquie, où se tient le sommet de l’Otan mardi et mercredi. Si cette visite a bien lieu, Emmanuel Macron sera le premier chef d’État occidental à se rendre en Syrie depuis fin 2024. Une forme de logique puisqu’en mai 2025, soit cinq mois après la chute du dictateur Bachar El-Assad, c’est à Paris qu’Ahmed Al-Charaa, le président syrien par intérim, avait réservé sa première visite officielle en Occident.
La sécurité autour du déplacement sera maximale. Jeudi, un attentat à la bombe – non revendiqué – dans un café fréquenté du centre de la capitale a fait 10 morts et 21 blessés. L’idée d’une déambulation du président dans la vieille ville de Damas, avec ses anciennes portes et ses ruelles pavées, aurait été abandonnée.
De nombreux journaux et sites arabes se félicitent déjà de la venue du président. Elle « constitue un tournant politique et historique majeur », écrivait vendredi depuis Paris Randa Takieddine dans le quotidien libanais An-Nahar : « La France estime que soutenir la stabilité de la Syrie nouvelle est dans l’intérêt de la région et de l’Europe, et que donner à Al-Charaa la possibilité de reconstruire le pays pourrait être la meilleure solution. »
Les fragiles équilibres de la nouvelle Syrie
Après cinquante années de mainmise du clan Assad, une décennie meurtrière de guerre et de crimes contre l’humanité, commis en majorité par les autorités de Damas, le pays veut retrouver aujourd’hui sa position stratégique dans la région.