À l’approche du budget 2027, Sébastien Lecornu doit affronter une situation financière tendue et une majorité parlementaire introuvable. Entre pression sur la dette, tensions politiques et absence d’accord à l’Assemblée, Matignon cherche une voie de passage pour éviter le blocage.Sébastien Lecornu s’apprête de nouveau à revivre l’explosive épreuve du budget. Pour lui, l’équation s’annonce encore plus compliquée que l’an passé. D’un côté, la situation financière française est plus que tendue, alors que des dépenses supplémentaires ont été décidées en raison de la crise des carburants et que la pression autour de la dette s’accentue. Mardi, le gouvernement réunira ainsi un comité d’alerte des finances publiques afin de faire le point sur l’évolution des comptes.
De l’autre, la donne parlementaire demeure insoluble, faute de majorité absolue. L’an passé, c’est la négociation que le locataire de Matignon avait entreprise avec le PS, et notamment son premier secrétaire, Olivier Faure, qui lui avait permis de trouver une voie de passage. Mais l’approche de la présidentielle ne va-t-elle pas pousser nombre d’acteurs à se raidir ?
Matignon multiplie les signaux politiques
Depuis plusieurs semaines, dans la perspective du budget 2027, Sébastien Lecornu a commencé à distiller plusieurs messages. Dès le 25 mai, il a garanti qu’il n’y aurait pas de hausses d’impôts l’année prochaine. Jeudi, participant aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, il a plaidé pour que les « transmissions du grand capital » aillent « alimenter » des fonds d’investissement pour la souveraineté française.
Il voit dans cette idée émise initialement par le Prix Nobel Philippe Aghion une réponse politique à la taxe Zucman. Mais lors de son exposé, le locataire de Matignon a tenu aussi à responsabiliser les esprits. « Je sonne l’alerte avec gravité, a-t-il lancé. Il faut quand même que les parlementaires, qui ont été élus pour ça, défendent l’intérêt général. »